Pour quelles maladies l’immunothérapie peut-elle agir ?

Serge Pampfer : « Notamment pour la sclérose en plaques, qui atteint 500 nouveaux patients par an en Belgique, et pour le cancer, qui atteint 70 000 nouveaux patients par an en Belgique. »
 

Quelle différence y a-t-il entre l’immunothérapie et l’immuno-oncologie ?

S. P. : « L’immuno-oncologie est une partie de l’immunothérapie. Le marché mondial de l’immunothérapie est estimé à environ 170 milliards d’euros pour 2021. Aujourd’hui, plus de 3 000 essais cliniques sont en cours. L’immuno-oncologie représente un marché mondial de 101 milliards d’euros et plus de 1 000 essais cliniques en cours. »
 

Quel est le défi de cette nouvelle approche thérapeutique ?

Notre technologie consiste à reprogrammer des cellules immunitaires appelées lymphocytes T pour leur permettre de reconnaître un cancer et de le détruire.

S. P. : « Le défi est d’avoir suffisamment de patients pour tester toutes les stratégies actuellement poursuivies. En immuno-oncologie, la biologie du cancer et celle du système immunitaire sont très compliquées. Les possibilités d’approches thérapeutiques sont donc énormes. Il faut essayer de nombreuses combinaisons thérapeutiques, y compris avec des traitements existants. Ce qui risque de provoquer, à terme, une pénurie de patients. »
 

Avez-vous des sociétés de ce type incubées chez WBC ?

S. P. : « Nous en avons plusieurs. PDC Line Pharma, société basée à Liège, utilise une lignée cellulaire allogénique qui va convenir à tous les patients, soit des cellules immunitaires entraînées à mieux cibler les cancers. La société est en phase clinique pour le mélanome et en phase préclinique pour le cancer du poumon. Récemment, elle a levé environ 4 millions d’euros pour travailler sur ces essais cliniques. ATB Therapeutics, à Marche-en-Famenne, a levé 600 000 euros. Elle va produire des immuno-toxines. Ces molécules recombinantes, composées d’anticorps et d’une toxine, vont reconnaître spécifiquement les cellules cancéreuses et les empoisonner. »
 

Ces start-up font-elles appel à d’autres sociétés en support ?

S. P. : « En effet, des sociétés dont les services et produits sont indispensables aux premières sociétés arrivent en support. C’est le cas de la plateforme ImmunXperts à Charleroi et d’Oncoradiomics, à Liège. Cette dernière utilise l’intelligence artificielle pour réaliser de l’analyse d’images, notamment pour des essais cliniques en cancer. Elle vient de lever 4 millions d’euros. »