Qu’est-ce que la maladie de Crohn ?

Edouard Louis : « La maladie de Crohn est une maladie chronique de l’intestin, qui provoque des crampes et des douleurs abdominales. Elle n’est ni fréquente ni rare : elle touche 1 à 3 personnes sur 1 000 dans nos régions. »
 

Comment se présente-t-elle ?


Les traitements biologiques ont amélioré la qualité de vie des patients pour plusieurs raisons.
 

E. L. : « Elle s’exprime par les mêmes symptômes qu’une gastroentérite : diarrhées, douleurs abdominales, amaigrissement… Il s’agit donc en quelque sorte d’une gastroentérite chronique. Cette maladie évolue sous forme de poussées et de rémissions, aujourd’hui atténués par les traitements. Une fois déclenchée, la maladie de Crohn a une capacité à s’autoentretenir, ce qui explique sa chronicité. »
 

Quel est l’impact de cette maladie sur la vie sociale ou professionnelle des patients ?

E. L. : « Cette maladie est bien sûr handicapante au quotidien, mais, heureusement, les traitements ont fortement évolué et les périodes de rémissions sont aujourd’hui allongées. Le début de la maladie est le plus compliqué, le temps de trouver le traitement adéquat qui permettra de la stabiliser. L’objectif des cliniciens actuellement est de permettre au maximum de patients de maintenir une vie normale. Pour une minorité de malades, cet objectif est difficile à atteindre parce qu’on n’arrive pas à trouver le traitement adéquat ou que des intolérances se développent aux traitements disponibles. »
 

Comment traiter cette maladie ?

E. L. : « Jusqu’au début des années 2000, il n’existait que les traitements conventionnels : les anti-inflammatoires à visée intestinale, les corticoïdes (très efficaces, mais avec de nombreux effets secondaires et assez toxiques) et les immunosuppresseurs. S’ils ont déjà permis d’améliorer la situation de nombreux patients, ces traitements ont toutefois leurs limites. À partir des années 2000 sont apparus les traitements biologiques, anticorps spécifiques dirigés contre des substances clés dans l’inflammation. Plusieurs médicaments existent dans ce domaine : les anti-TNF, les anti-intégrines (spécifiques pour les maladies de l’intestin) et enfin des anti-interleukines. »
 


 

Quels sont les avantages des traitements biologiques par rapport aux traitements conventionnels ?  

E. L. : « Les traitements biologiques sont ciblés sur des mécanismes plus spécifiques de la pathologie, ils sont donc généralement mieux tolérés car ils ont moins d’effets systémiques non spécifiques. Ils sont également plus efficaces parce qu’ils touchent à des mécanismes plus précis et plus pertinents dans la pathologie concernée. Toutefois, le fait qu’ils s’attaquent à des mécanismes plus spécifiques responsables de l’inflammation induit qu’ils n’agissent pas de la même manière chez tous les patients, puisque l’inflammation peut s’exprimer différemment chez chacun d’entre eux. Il est donc important de bien choisir le traitement biologique afin d’augmenter les chances d’efficacité. Nous espérons, à l’avenir, pouvoir connaître à l’avance qui répond mieux à tel ou tel traitement. »
 

Comment ces traitements sont-ils administrés ?


Les traitements biologiques ont amélioré la qualité de vie des patients.
 

E. L. : « Ils sont administrés soit par voie intraveineuse soit par voie sous-cutanée. Certains médicaments combinent ces deux moyens : la première administration est réalisée par voie intraveineuse et les suivantes par voie sous-cutanée. Il s’agit-là probablement d’un mode d’administration idéal : incisive au début et puis stable et régulière ensuite. »
 

En quoi améliorent-ils la qualité de vie des patients ?

E. L. : « Les traitements biologiques ont amélioré la qualité de vie des patients pour plusieurs raisons. Étant plus ciblés sur la pathologie, ils sont mieux tolérés par le patient, plus efficaces et entraînent donc moins de complications. De plus, leur mode d’administration par injections intermittentes est assez confortable pour le patient. Nombreux sont ceux qui préfèrent ce moyen aux pilules quotidiennes qui leur rappellent chaque jour qu’ils sont malades. Enfin, ce type de traitement permet un meilleur contrôle de la progression de la maladie et donc un maintien de la qualité de vie du patient, leur permettant d’avoir la vie la plus normale possible à long terme. »