Quels ont été les temps forts de votre carrière professionnelle ?

Véronique Barbier : « Les moments forts ont été nombreux, que ce soit en radio ou en télé. La présentation de l’émission Au Quotidien a été une très belle période, positive, avec une super équipe. J’en garde de très beaux souvenirs. Ensuite il y a eu la présentation du JT, très enrichissante et intéressante. Je m’y amuse bien et je pense qu’on y réalise un travail intéressant. J’aime cette diversité dans mon travail : j’ai pu passer de la radio au magazine et à l’information, qui représentent des exercices très distincts et offrent toujours de nouvelles perspectives. »
 

En quoi consiste le lupus ?

Le lupus est une maladie auto-immune inflammatoire, caractérisée par des douleurs articulaires, qui agit également sur les organes.

V. B. : « Le lupus est une maladie auto-immune inflammatoire, caractérisée par des douleurs articulaires, qui agit également sur les organes. Il peut toucher la fonction rénale, influencer le cœur, les yeux, etc. Dans mon cas, le diagnostic a heureusement été posé à temps, avant que les séquelles ne deviennent trop importantes. »
 

Quels ont été les premiers symptômes du lupus, comment s’est-il déclaré ?

V. B. : « J’ai d’abord ressenti une fatigue énorme, des douleurs articulaires au niveau des pieds, j’avais du mal à marcher. Cela a ensuite atteint les bras et les mains. J’avais aussi le moral dans les chaussettes : plus les douleurs s’intensifiaient, plus je me sentais déprimée. J’ai été voir mon médecin une première fois, qui pensait à priori qu’il s’agissait d’un simple coup de fatigue. Mais lorsque les symptômes et les douleurs se sont accentués, il a envisagé d’autres possibilités. Il s’était déjà intéressé dans le passé aux maladies auto-immunes telles que la polyarthrite, de la même famille que le lupus. Il a donc été particulièrement attentif à cette possibilité-là. Ma première prise de sang ne montrait toutefois pas encore de marqueur d’inflammation. Il a donc fallu patienter quelques semaines et lorsque je suis retournée le voir, la seconde prise de sang démontrait clairement qu’il s’agissait du lupus. J’ai tout de suite été prise en charge par un rhumatologue spécialisé. Il a donc fallu environ deux mois pour poser le diagnostic et une fois posé, la prise en charge a été rapide. »
 

Quel traitement suivez-vous pour cette maladie ?

V. B. : « Dans un premier temps, on m’a prescrit de la cortisone afin de calmer l’inflammation, d’empêcher qu’elle ne progresse et qu’elle ne provoque des dégâts. Mais il faut éviter d’en prendre à long terme car ses effets secondaires peuvent être néfastes. J’ai directement commencé un autre médicament – visant à réduire l’inflammation – mais il mettait du temps à agir. La cortisone m’a donc permis d’attendre jusqu’à ce que mon traitement officiel agisse. Chez moi, ce traitement a complètement endormi la maladie et je n’en ressens donc plus de symptôme à l’heure actuelle. »
 


 

L’annonce du diagnostic du lupus vous a-t-elle fait peur ou vous a-t-elle soulagée ?    

V. B. : « Ne pas savoir ce que l’on a est très déroutant. J’ai plutôt été rassurée d’être fixée sur la maladie, de connaître mon ennemi et de savoir comment le combattre. Il est plus difficile d’être dans l’inconnu, de tâtonner pour trouver le bon traitement. »
 

Et comment avez-vous réagi à l’annonce du cancer du sein ?

V. B. : « Quand j’ai appris que j’avais un cancer, cela m’a fait un coup dur, je me suis demandé ce qu’il allait se passer. Mais j’ai ensuite réalisé que je n’en sentais pas forcément les effets, par rapport aux douleurs que j’avais ressenties au début de mon lupus. Je me suis aussi dit que j’avais réussi à dompter le lupus et qu’il n’y a pas de raison que ce ne soit pas pareil pour le cancer. Je suis de nature confiante et positive, j’ai bon espoir que les traitements soient efficaces. Si je n’avais pas eu le choc du lupus dans le passé, j’aurais probablement vécu plus difficilement les problèmes que j’ai maintenant. »
 

Quel a été l’impact de la maladie sur votre vie ?


Je conseille vivement de souscrire à une assurance hospitalisation. Personne n’est à l’abri de problèmes de santé.
 

V. B. : « J’ai appris à faire un peu plus attention à moi, à fonctionner de façon plus zen, à prendre les choses avec philosophie et à être plus bienveillante avec moi-même. Lorsque je suis fatiguée, je préfère ne pas tirer sur la corde et faire une sieste si j’en ai la possibilité. Avant, je m’agitais beaucoup, j’avais beaucoup d’activités, je me mettais la pression pour que ma maison soit en ordre et pour un tas d’autres choses. La maladie m’a appris à être plus cool et à relativiser. »
 

Quels conseils donneriez-vous aux lecteurs au regard de votre expérience ?

V. B. : « Avant tout, de faire confiance à la médecine, de choisir un médecin avec lequel on se sent en confiance. Par rapport au cancer du sein, il me semble aussi primordial d’effectuer des mammographies dès 40 ans, et ce même si on n’est pas à risque. Je ne faisais pas partie des profils à risque et c’est pourtant grâce à une mammographie que l’on m’a détecté un cancer… Pour le lupus, il faut écouter son corps, veiller à consulter un médecin pour lui expliquer ce qu’on ressent sans trop attendre. Plus vite il est pris en charge, plus vite les désagréments peuvent être bloqués afin d’empêcher que la situation ne se dégrade. Tant que possible, il faut aussi avoir confiance et éviter d’angoisser et d’apporter un stress supplémentaire à son organisme. Enfin, je conseille vivement de souscrire à une assurance hospitalisation. Personne n’est à l’abri de problèmes de santé. Dans mon cas, elle a été utile et je pense qu’il vaut mieux se protéger à l’avance que de subir des frais excessifs par la suite. »