Sebastian Doniga

chirurgien spécialisé au sein de la Clinique André Renard à Herstal 

 

En cas d’obésité, à partir de quand intervient-on chirurgicalement ?

Sebastian Doniga, chirurgien spécialisé au sein de la Clinique André Renard à Herstal : « On parle d’obésité à partir d’un indice de masse corporelle — le rapport entre la taille et le poids — de 30. À partir de 40, c’est de l’obésité maladive ou morbide. Ces seuils définissent le critère, y compris légal, pour intervenir chirurgicalement. Tous les types de chirurgie ne conviennent cependant pas à tous les patients ; il est très important de choisir l’intervention qui leur convient le mieux. »

 

Le patient doit être partie prenante du projet.

 

La discipline a-t-elle évolué ?

S. D. : « Auparavant, nous étions limités par les conséquences d’une intervention chirurgicale classique, en particulier la très grande incision sur l’abdomen. Aujourd’hui, tout se fait par laparoscopie : cette opération est réalisée par de petites incisions permettant le passage d’instruments chirurgicaux très fin. Il en résulte moins de risques postopératoires et une revalidation plus rapide. »

 

Quelle est la différence entre chirurgie restrictive et chirurgie malabsorptive ?

S. D. : « Prenons l’exemple d’un estomac de 1,5 litre environ. Dans la chirurgie restrictive, on en coupe une partie pour réduire le volume utile jusqu’à 250 ml. Avant l’opération, le patient mange environ un litre de nourriture pour parvenir à satiété ; après opération, il peut descendre à 250 ml. Dans la chirurgie à la fois restrictive et malabsorptive, on fait une sorte de bypass, de dérivation. Les aliments ne suivent pas la voie normale, mais arrivent plus loin dans l’intestin, où les aliments sont absorbés. La digestion des aliments y est complète, mais entre 10 et 20 % des calories ne sont pas récupérées par l’organisme. L’absorption est également incomplète pour les minéraux et les vitamines. Cela nécessite donc la prise de compléments vitaminés à long terme. »

 

Comment se passe la prise en charge du patient ?

S. D. : « Le traitement n’est pas que chirurgical ! Une équipe multidisciplinaire prend en charge le patient — endocrinologue, psychologue, diététicien, etc. — qui, lui aussi, a un mot très important à dire : il peut choisir sur la base de toutes les informations disponibles. La chirurgie n’est pas la solution magique : il n’y a pas de résultats automatiques ! Le patient doit être partie prenante du projet. »