La qualité des soins de santé est indéniablement l’un des facteurs qui ont allongé notre espérance de vie. Cette heureuse évolution cache toutefois un véritable enjeu de santé publique, car elle s’accompagne d’une augmentation de la prévalence des maladies chroniques : près de 3 Belges sur 10 déclarent vivre avec une maladie de ce type. Cancer, diabète, fibromyalgie, sclérose en plaques, dépression sévère… La liste est longue et les personnes qui en souffrent vous le diront : vivre au quotidien avec une telle maladie est loin d’être une évidence tant cela impacte la vie sociale, professionnelle, familiale…

Vers une prise en charge globale

La chronicité des maladies remet en question le paradigme « une cause - un effet - un traitement ». Par leur complexité, elles poussent à davantage s’intéresser aux causes ainsi qu’aux déterminants de la santé que sont les conditions de vie, le niveau d’éducation, le logement, les conditions de travail… Une maladie chronique ne peut donc plus se traiter au travers d’un plan spécifique, mais demande une approche intégrée et multidisciplinaire, centrée sur les besoins du patient. C’est vers une prise en charge globale du patient que les soins de santé doivent évoluer, en le remettant au cœur des processus préventif et curatif.

Des mesures pour encourager l’approche intégrée

La Wallonie a récemment hérité de nouvelles compétences, comme l’organisation de la 1ère ligne de soins, ou encore la prévention en matière de santé. Ce sont autant de leviers que je veux utiliser pour encourager cette approche intégrée. Il est ainsi essentiel que le médecin généraliste, au cœur de la 1ère ligne de soins, poursuive et renforce ses collaborations avec l’ensemble des acteurs : assistants sociaux, infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, aides familiales... Le développement du Réseau Santé Wallon s’inscrit également dans cette logique de multidisciplinarité, car cette plate-forme électronique permet aux acteurs de la santé d’échanger des données de santé et d’assurer le continuum nécessaire à une prise en charge optimale du patient. Aujourd’hui, déjà plus de 500 000 patients y sont enregistrés. Je terminerai en signalant la mise en place toute prochaine, dès 2017, de l’assurance autonomie wallonne. Grâce à des prestations d’aide à domicile en nature, cette couverture sociale encouragera le maintien au domicile de ceux et celles qui sont en situation de perte d’autonomie due notamment à une maladie chronique.

Ces exemples sont autant de développements qui, je l’espère, participeront concrètement à l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes d’une maladie chronique et de leur entourage.