Le Professeur Martin Buysschaert (UCL)

Quelles sont les formes de diabète ?

Martin Buysschaert : « Les principales sont les diabètes de type 1 et de type 2. Le premier est lié à la destruction des cellules B du pancréas, qui produisent l’insuline. Conséquence : le patient doit être traité à vie par insuline. Le second a une autre origine : les cellules du pancréas fonctionnent correctement, mais l’organisme produit moins d’insuline et, surtout, devient moins sensible à l’insuline qu’il produit. Ceci est essentiellement dû à la surcharge de poids. »

Avec quelles conséquences sur la qualité de vie des patients ?

M. B. : « Le traitement du diabète de type 1 implique le plus souvent 4 injections d’insuline par jour et un monitoring quotidien des glycémies (sucre sanguin) par les patients. Avec ce traitement, le malade n’est cependant jamais à l’abri d’une hypoglycémie (un manque de sucre dans le sang), qui peut entraîner des troubles cognitifs, voire un coma. Pour le diabète de type 2, le traitement se fait généralement par voie orale, mais peut aussi comporter des injections. Il est également essentiel de suivre un régime alimentaire et pratiquer une activité physique pour éviter la surcharge pondérale. »

Des progrès ont-ils lieu dans le dépistage et le traitement de la maladie ?

M. B. : « Oui. C’est le cas pour les diabètes de type 1 et, surtout, de type 2. On sait aujourd’hui que ce diabète de type 2 est précédé d’une longue période d’une situation de "prédiabète". Il importe de diagnostiquer le prédiabète à temps, afin de le traiter. De simples mesures hygiéno-diététiques suffiront souvent pour éviter l’évolution vers le "vrai" diabète. Ce dépistage se fait chez le médecin traitant par une mesure de glycémie. Par ailleurs, en 2016, nous disposons d’une palette de médicaments beaucoup plus vaste qu’il y a quelques années pour le traitement des deux formes de diabètes.