Ce projet est très éloigné de votre carrière sportive. Comment en avez-vous eu l’idée ?

Justine Henin : « Depuis longtemps, j’ai envie de pouvoir changer les choses et d’aider les gens atteints par la maladie. J’ai été confronté au cancer de ma maman à l’âge de 12 ans et j’ai été frappée par l’injustice de cette maladie. De plus, j’ai toujours aimé les enfants, j’ai d’ailleurs deux enfants et j’ai eu beaucoup de filleuls. Cette idée est donc présente dans ma tête depuis longtemps et ma notoriété m’a permis de la concrétiser. En 2003, j’ai créé l’association ‘Les 20 Cœurs de Justine’ qui venait en aide aux enfants touchés par le cancer. En 2008, j’ai voulu élargir notre champ d’action aux enfants atteints par d’autres maladies avec ‘JustineForKids’. Nous faisons alors des sorties culturelles, des activités créatives et thérapeutiques comme des voyages à Disney Land ou des projets de décoration de centres pédiatriques. Nous n’en sommes donc pas à notre coup d’essai ! »

 

Avec le projet ‘JustineForKidsHome’, qui sortira de terre dans 2 ans à Erpent, l’idée est de permettre aux enfants malades et à leurs familles de se réunir plusieurs jours dans un cadre accueillant pour prendre du bon temps.

 

En quoi consiste ce nouveau projet de maison de répit ?

J. H. : « Nous avons voulu aller plus loin que ce que nous faisions jusqu’à présent. Avec le projet ‘JustineForKidsHome’, qui sortira de terre dans 2 ans à Erpent, l’idée est de permettre aux enfants malades et à leurs familles de se réunir plusieurs jours dans un cadre accueillant pour prendre du bon temps. Après un long séjour en hôpital, par exemple, certaines familles décident de partir en vacances pour changer d’air et marquer la fin de cette expérience traumatisante. Mais ce n’est malheureusement pas possible pour tout le monde. Cela demande des moyens financiers et dans certains cas, l’enfant doit continuer à être suivi par des médecins. Avec cette maison de répit, ils pourront se ressourcer près de chez eux, dans un cadre accueillant et surtout à moindres frais, car nous visons la gratuité totale. »

 

Les résidents pourront-ils bénéficier d’un suivi médical ?

J. H. : « Les familles pourront être aidées par des infirmières, des psychologues, des kinés et d’autres membres du corps médical si le besoin se fait sentir, mais notre but n’est pas de soigner les résidents à proprement parler. Notre maison de répit est un endroit pour panser ses blessures, pas pour suivre un traitement lourd. »

 

Il existe déjà d’autres structures de ce type en Belgique, en quoi ‘JustineForKidsHome’ est-il différent ?

J. H. : « Je pense qu’il est unique pour plusieurs raisons. Avant tout, nous sommes entrés en contact avec des maisons médicales et des professionnels de la santé pour apprendre à leur contact. Il faut bien s’entourer pour proposer un cadre de qualité. Nous sommes en train de construire une maison avec 3 studios-appartements accompagnés de grandes pièces communes. Nous avons prévu de construire des salles de sport, de jeu, de relaxation, une piscine et une grande pièce commune pour se rassembler. Des activités pourront également être organisées selon les besoins des familles. »

 

Il y a beaucoup de pièces communes. Peut-on parler d’une maison de répit basée sur le partage ?

J. H. : « Nous voulons laisser le choix aux résidents de partager des moments avec d’autres familles dans la même situation ou de se retirer pour vivre cette expérience en famille. Dans certains cas, le contact avec une autre famille peut aider à traverser cette épreuve et créer des liens. Tout est fait pour que la famille et le malade se sentent bien. Je suis convaincue que la présence et le soutien de la famille sont très importants pour une personne malade. »