Ides Colin

chef du service d’Endocrino-diabétologie du CHR Mons-Hainaut 

 

En quoi la prise en charge des patients diabétiques a-t-elle évolué ?

Ides Colin, chef du service d’Endocrino-diabétologie du CHR Mons-Hainaut : « Cette prise en charge comprend la prévention, le diagnostic et la prise en charge avec, surtout, les complications qui, au final, pèsent le plus lourd pour le patient. Depuis 10 à 15 ans, on l’a complètement révolutionnée ! Nous fonctionnons désormais sur le mode de la multidisciplinarité ; il n’est plus possible d’envisager la prise en charge uniquement par un diabétologue. Nous travaillons en collaboration étroite avec des infirmières, chacune spécialisée dans un domaine particulier, mais aussi avec des diététiciens, des kinésithérapeutes et toutes les spécialités de la médecine interne et de la chirurgie, et toutes les spécialités liées aux complications, comme l’ophtalmologie et la cardiologie. »

 

Les nouvelles médications ont de moins en moins
d’effets secondaires, comme l’hypoglycémie
ou la prise de poids, et diminuent aussi
significativement le risque cardiovasculaire.

 

Qu’en est-il des traitements ?

I. C. : « Nous vivons une période fascinante. Les nouvelles médications n’améliorent pas mieux qu’auparavant l’équilibre du diabète, mais ont de moins en moins d’effets secondaires, comme l’hypoglycémie ou la prise de poids, et diminuent aussi significativement le risque cardiovasculaire. Autre innovation : les associations médicamenteuses. On administre, au bas mot, 10 à 15 pilules par jour à un patient parce qu’il faut non seulement traiter son diabète, où nous avons besoin de plusieurs points d’attaque, mais également toutes les complications : hypertension artérielle, hypercholestérolémie… Diminuer le nombre de pilules en les regroupant dans une seule gélule améliore sensiblement la qualité de vie des patients. Mais ces médications sont onéreuses et l’INAMI bloque de plus en plus sur leur remboursement. Bien que nous ne soyons pas les plus mal lotis en Europe, cela pose un souci. »

 

Quelle est l’importante de la chirurgie métabolique de l’obésité ?

I. C. : « Elle représente une part relativement importante de notre activité. Elle a aussi beaucoup évolué et permis l’émergence de nouvelles connaissances physiopathologiques : les chirurgiens ont attiré l’attention des internistes, en particulier des diabétologues, sur l’existence de nouveaux mécanismes menant de l’obésité au diabète. Cela a permis d’affiner nos connaissances, de contribuer au renforcement de la multidisciplinarité et de développer de nouvelles sous-spécialités. »