Docteur Julien Guiot

Heureusement, la recherche est active et des traitements existent déjà afin d'en ralentir les effets sur les personnes atteintes. Le point de vue du Docteur Julien Guiot, pneumologue au CHU de Liège.

Comment la fibrose pulmonaire idiopathique se développe-t-elle ?

Dr Julien Guiot : « "Idiopathique" signifie que la cause de cette maladie est inconnue. Elle peut évoluer lentement, avec des symptômes tels que l'essoufflement ou la toux, ou plus rapidement, provoquant des lésions pulmonaires irréversibles. Les cicatrices provoquées par la fibrose entraînent une réduction des volumes pulmonaires utilisables avec une chute de la fonction d'oxygénation. Une fois la maladie diagnostiquée, la médiane de survie va de 3 à 5 ans sans traitement. »

En tant que spécialiste, quel message souhaiteriez-vous adresser aux autorités médicales ?

Dr J. G. : « En dehors de la transplantation, onéreuse et dédiée uniquement aux patients de moins de 65 ans, aucun moyen ne permet de guérir complètement de la FPI. Deux traitements existent toutefois sur le marché, dont l’un semble en plus prolonger la survie des patients. Malheureusement, l'accès au remboursement de ces médicaments est limité à trois centres en Belgique. On se trouve donc face à une impasse thérapeutique : une fois diagnostiqués, nos patients doivent parfois attendre jusqu'à 6 mois avant d'entamer leur traitement, pourtant crucial pour éviter une diminution de leur capacité fonctionnelle respiratoire… Nous espérons donc vivement une simplification de l'accès aux traitements. »

Et quel message adresseriez-vous aux patients diagnostiqués ?

Dr J. G. : « Un message d'espoir, vu l'intérêt croissant des médecins et des chercheurs envers la fibrose pulmonaire idiopathique. De plus en plus de centres, dont le nôtre, se spécialisent dans la recherche clinique, biologique et cellulaire de cette pathologie. Les traitements sont déjà efficaces et les techniques de diagnostic ont considérablement évolué. Nous sommes donc sur la bonne voie. »