C’est la question prise à bras-le-corps par le projet Activ84work qui vise à « travailler autrement ». Les explications de la Dre Marie-Noëlle Schmickler, médecin directeur de Mensura, service belge de Prévention et de Protection au travail.

 

En quoi consiste le projet Activ84work ?

Dre Marie-Noëlle Schmickler : « Activ84work est un projet pilote mené entre autres par Mensura et visant à faciliter le travail pour les personnes atteintes de maladies chroniques, en leur permettant davantage de flexibilité professionnelle. Télétravail, temps partiels, horaires flexibles sont notamment envisagés. »

 

Quelles réponses ce projet apporte-t-il aux personnes atteintes de maladies chroniques ?

Dre M-N S. : « Activ84work vise principalement les personnes atteintes de la maladie de Crohn et de colite ulcéreuse, des maladies inflammatoires de l’intestin. Lors des poussées, ces personnes souffrent de crampes d’estomac et de diarrhées. Elles ont donc besoin de confort, d’une toilette à proximité : la possibilité de télétravailler ou d’adapter leurs horaires à leur maladie est dès lors très précieuse. Cette nouvelle perception du travail améliore leur participation au travail, leur épanouissement et donc leur efficacité. »

 

Quels sont les principaux freins au projet ?

Dre M-N S. : « D’une part, les malades eux-mêmes doivent apprendre à accepter leur maladie et à en parler. Afin de ne pas peser sur l’entreprise, certains d’entre eux préfèrent prendre leurs vacances plutôt que de s’octroyer un ou plusieurs jours de congé de maladie. Mais ce tabou freine la possibilité de dialogue et favorise l’absentéisme.

Les employeurs sont également les premiers concernés et manquent souvent de compréhension pour cet enjeu. Ils craignent de privilégier certains travailleurs par rapport à d’autres, de créer des jalousies au sein d’une équipe. En encourageant des projets comme Activ84work, les employeurs pourraient comprendre davantage l’intérêt que peut représenter cette nouvelle vision du travail pour l’entreprise à long terme.

Il y a donc encore du chemin à faire pour installer un climat de confiance au sein des entreprises et d’ouvrir le dialogue sur le sujet des maladies chroniques. »