Les explications de Pascale Broché, psychologue, et de Dominique Langhendries, directeur de Respect Seniors.

 

Quel est le profil général de la personne âgée maltraitée ?
 

Dominique Langhendries : « Il est difficile de déterminer un profil type d’aîné maltraité, car le sujet est tabou et de nombreux cas sont tus. Les chiffres connus présentent des victimes majoritairement féminines, âgées de plus de 75 ans et vivant généralement à domicile. D’après l’OMS, environ 5 à 6 % de la population âgée de plus de 65 ans subit des situations de maltraitance. »

 

Quelles sont les différentes formes de maltraitance ?
 

Pascale Broche : « La forme la plus médiatisée est la maltraitance physique. Souvent non intentionnelle, elle peut s’exprimer par des soins brusques, des gestes inadaptés, une méconnaissance des besoins des aînés. Elle ne constitue toutefois pas la forme la plus fréquente qui arrive chez Respect Seniors. L’aspect psychologique est en haut de la liste. Insultes, dévalorisation, harcèlement… Viennent ensuite la forme financière, la maltraitance civique (le non-respect des droits de l’individu) et la négligence. »

 

Qui maltraite et dans quel contexte ?
 

D. L. : « Dans 60 % des cas, la famille est en tête, principalement les enfants et surtout les filles, mais c’est sans doute parce qu’elles s’occupent davantage de leurs parents ! Les professionnels sont pointés comme auteurs dans 17 à 20 % des situations. Le domicile reste le lieu principal où des maltraitances sont évoquées (près de 75 %), mais il faut sans doute rappeler qu’en Belgique, seuls 12 % des plus de 80 ans vivent en institution. »

 

Comment vous y prenez-vous chez Respect Seniors pour lutter contre ce problème ?
 

 P. B : « Nous travaillons sur deux axes. Le premier est l’accompagnement en cas de situations de maltraitance, notamment via notre permanence au 0800 30 330, que toute personne qui se sent concernée ou qui se pose des questions peut contacter. D’autre part, nous agissons sur la prévention et l’information au grand public ainsi que la formation des professionnels de divers secteurs. L’idée est que chacun se pose des questions sur ce qu’est la maltraitance, ce qui constitue sans doute la meilleure façon de la prévenir et de rester respectueux du choix des aînés. »