Dr Jean Cyr Yombi, chef de clinique à l’Hôpital Saint-Luc.
 

Médicalement parlant, qu’est-ce que le VIH ?

« Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est responsable de toute une série de symptômes. Pour la population, il est difficile de distinguer la séropositivité - ou VIH - du SIDA, qui est le stade avancé de la maladie. Toutes les personnes séropositives ne sont donc pas au stade SIDA ! En Europe, quelque 16 % de ces personnes ignorent même qu’elles sont porteuses du VIH. À un stade plus avancé, celui du SIDA, les défenses immunitaires s’affaiblissent et les maladies opportunistes prolifèrent : tuberculose, pneumocystose, etc. »

 

Comment contracte-t-on le virus ?

« La voie la plus fréquente, ce sont les rapports sexuels - hétérosexuels ou homosexuels. Cela peut aussi arriver par des transfusions ou par une contamination mère-enfant durant la grossesse ou l’allaitement mais, en Europe, nous ne connaissons heureusement plus ces phénomènes. »

Une personne dont le virus n’est plus détectable dans le sang depuis au moins six mois, ne le transmettra pas lors d’un rapport sexuel.

« Enfin, cela peut se produire à la suite de la manipulation de sécrétions biologiques de personnes contaminées. Pour la salive, le risque est quasi nul : ce n’est pas un liquide biologique infectant. S’il y a des lésions avec du sang dans la bouche, il peut éventuellement y avoir une contamination. »

 

Que signifie le sigle anglais « U = U » ?

« Undetectable = Untransmitable, soit indétectable = intransmissible. Ce qu’on entend habituellement par ce concept apparu en Suisse en 2008, c’est qu’une personne porteuse du VIH traitée et suivie correctement, dont le virus n’est plus détectable dans le sang depuis au moins six mois, ne transmettra pas le virus à un partenaire lors d’un rapport sexuel, hétéro ou non. »

« En 2011, l’étude américaine HPTN 052 a démontré l’absence de transmission du VIH entre partenaires sérodiscordants, l’un positif, l’autre négatif, lorsque les personnes positives suivaient un traitement anti-VIH. Cette étude ne portait que sur des couples hétérosexuels. Des études récentes montrent des résultats comparables pour les couples homosexuels. Pour la transmission mère-enfant, il faut encore résoudre la question d’une contamination éventuelle par l’allaitement lorsque les mères sont traitées. »