Certains trouveront les ressources en eux, d’autres devront consulter.

Quelles sont justement ces difficultés sexuelles rencontrées par les couples ?

Alexandra Hubin : Les consultations sexologiques se remplissent de victimes de « la dictature de la performance ». Nous recevons des hommes désespérés sous la pression sociale du « performer au lit » : ils doivent avoir une érection ultra ferme, peu importe leur âge, ils doivent ne pas éjaculer trop vite, ils doivent être entreprenants, mais pas trop insistants, ils doivent être tendres, mais virils, ils doivent être habiles, mais pas trop techniciens… Les femmes aussi sont des cibles de cette pression : elles doivent être désirantes à tout moment, elles doivent jouir systématiquement, elles doivent être coquines, mais pas vulgaires, elles doivent être actives, mais pas trop dirigistes…

À quel moment faut-il consulter ?

A.H. : C’est très relatif. D’emblée, il faut clarifier que la notion du désir sexuel ne peut être liée à la fréquence des relations sexuelles dans un couple et à son épanouissement. En effet, on peut avoir une vie sexuelle complètement épanouissante en ayant une relation sexuelle par mois. Par contre, le fait d’avoir des rapports tous les jours ne garantit pas une vie sexuelle épanouie. Parfois, les moments d’intimité érotique sont espacés pour éviter la confrontation à la difficulté sexuelle. Parfois, c’est parce que cette fréquence est celle du couple à ce moment-là. Je conseille ainsi aux couples de ne pas s’inquiéter trop rapidement. Nos désirs sont fluctuants en fonction de nos événements de vie. Toutefois, si ces difficultés s’installent pendant plus de 6 mois et entraînent une souffrance importante à titre individuel ou dans le couple, il est préférable de s’adresser un spécialiste.

La sexologie positive est une nouvelle démarche thérapeutique prônée en sexologie. En quoi se distingue-t-elle des anciennes thérapies ?

A.H. : Au départ, la sexologie était plus intéressée par l’établissement des symptômes et des diagnostics et par des étiquettes en disant que telle personne souffre d’éjaculation précoce, de dysfonctionnements érectiles, etc. Alors que la SexoPositive est plutôt tournée vers le positif, comme le nom l’indique. Elle vise à accompagner l’individu en privilégiant l’attention sur « Ici et Maintenant », et sur ce qu’il peut mettre en place pour se sentir mieux, plutôt que directement sur les origines ou les causes de ses « problèmes ».