Dirk Van Roost, Président du Belgian Brain Council, passe en revue les principales tendances.


Dirk Van Roost, Président du Belgian Brain Council

De nos jours, on s’intéresse plus que jamais à comprendre les raisons pour lesquelles les patients développent certaines maladies neurologiques. Cette quête fait l’objet de recherches depuis de nombreuses années, mais les résultats sont restés assez spéculatifs jusqu’il y a peu. Le fait d’effectuer les analyses au niveau cellulaire a permis d’enregistrer des progrès rapides et de mieux connaître la biologie de la cellule ainsi que la génétique sous-jacente à certaines maladies.

Cette pratique débouche sur une toute nouvelle approche de différentes maladies. Si l’on envisage le point de vue de la biologie cellulaire, on peut établir des liens entre des maladies qui, jusque-là, n’étaient pas liées. En outre, il est désormais possible de concevoir les traitements de manière positive et plus ciblée, plutôt que par le biais de la recherche empirique. Les médicaments permettent de contrer certaines évolutions d’une manière spécifique et de créer ainsi un nouvel équilibre.  

Les biomarqueurs et le système immunitaire

Nous aurons en outre une meilleure idée des substances libérées lorsqu’une maladie est en train de se déclarer. Ces biomarqueurs sont parfaitement mesurables et nous permettront d’intervenir de façon plus précoce, mieux étayée et plus ciblée chez des patients qui tireront réellement un bénéfice d’un traitement spécifique. Par ailleurs, on prend de plus en plus conscience du fait que notre immunologie joue également un rôle important. L’organisme s’attaque parfois à tort à des tissus et cellules propres à l’organisme, ce qui peut susciter le développement de certaines maladies.

De nombreuses possibilités

Enfin, nous réalisons aussi d’importants progrès dans le domaine de la neuromodulation. Nous pouvons moduler les fonctions cérébrales et nerveuses de manière ciblée et positive, et, ce, de différentes manières : par la pharmacologie, par le biais de groupes de discussion, par la physiothérapie, et même au moyen de stimuli électriques. On obtient ainsi des changements dans le système nerveux et dans le cerveau, changements que l’on estimait impossibles auparavant.  

Notre cerveau modifie en effet sans cesse ses connexions pour faire face à des circonstances variables. Tout ce que nous apprenons ou subissons change notre cerveau. Grâce à la stimulation cérébrale, nous pouvons par exemple aborder la douleur chronique et la maladie de Parkinson, mais aussi potentiellement beaucoup d’autres maladies neurologiques, comme l’épilepsie, les maladies psychiatriques, les acouphènes, les addictions… Ces options doivent encore faire l’objet de recherches plus approfondies.