Dominique Dive,
Chef de clinique au CHU de Liège

 

Guérit-on de la sclérose en plaques ?

Dominique Dive : « Non, il n’existe pas encore de médicaments pouvant guérir cette maladie chronique auto-immune, donc l’arrêter sans maintien d’un traitement éventuel. Un patient la garde toute sa vie, avec des fluctuations et des situations de rémission parfois très prolongées. À la base, une inflammation survient au sein du système nerveux central, qui se voit ainsi agressé. »

 

Il y a 20 ans, on ne disposait que d’un seul médicament, contre pratiquement treize aujourd’hui.
 

De quels traitements dispose-t-on ?

D. D. : « Il y a 20 ans, on ne disposait que d’un seul médicament, contre pratiquement treize aujourd’hui. L’évolution a donc été extrêmement importante, non seulement en termes de nombre de médicaments, mais aussi dans la manière dont on s’en sert. Les critères de diagnostic ont été adaptés et permettent d’instaurer des traitements efficaces plus tôt, améliorant ainsi nettement la condition des patients. »

 

Dans quelle mesure ?

D. D. : « On constate une diminution des événements cliniques, ce qu’on appelle les poussées. Surtout, il y a une baisse substantielle du nombre de patients victimes de handicaps irréversibles. L’intérêt d’un tel arsenal thérapeutique est de pouvoir adapter le traitement à chaque patient en fonction de la puissance requise, de la tolérance au médicament et des effets secondaires. C’est un progrès considérable ! Et de nouvelles molécules arriveront encore dans les prochaines années. »

 

Quelles perspectives ouvre la recherche ?

D. D. : « Le 1er axe de la recherche est le développement de médicaments agissant sur l’immunité, mais moins difficiles à manipuler et moins lourds à supporter pour le patient. L’objectif est d’avoir encore moins d’effets secondaires et de risques infectieux. Le 2e axe est la mise au point de médicaments destinés à protéger la fibre nerveuse lors d’un phénomène inflammatoire. Les inflammations font des dégâts. Ici, le but est de protéger le tissu nerveux à moyen et long terme au moment de l’agression. C’est là un axe naissant, mais on sent bien qu’il y a des travaux très intéressants dans ce domaine. Le 3e axe, pour le futur, est d’essayer de réparer les dégâts. Au fil des lésions, les patients accumulent malheureusement un certain degré de handicap. Actuellement, nous ne disposons pas de médicaments capables de faire cela. »