Cette approche thérapeutique pourrait être remplacée par un traitement court par immunothérapie ainsi que nous l’explique Thierry Legon, CEO d’ASIT Biotech.

 

Qu’est-ce qu’une allergie ?
 

Thierry Legon : « C’est une réaction immunitaire contre des substances présentes dans l’environnement ou les aliments, a priori inoffensives, nommées allergènes : pollens, poussières de maison, aliments, etc. Cette réaction induit une inflammation qui est le point de départ de la réaction allergique : nez qui coule, yeux qui pleurent, asthme, nausées, diarrhées, démangeaisons, etc. »

 

Quelles sont les solutions thérapeutiques ?
 

T. L. : « Aujourd’hui, 95 % des allergies respiratoires sont traitées avec des antihistaminiques ou des corticostéroïdes qui agissent sur les symptômes de la maladie, mais il est aussi possible de suivre un traitement par immunothérapie, qui va en cibler les causes. L’idée est d’induire par l’administration de faibles doses d’allergènes une réaction immunitaire capable de réguler la réaction allergique. Cette reprogrammation du système immunitaire requiert beaucoup de précautions, mais peut mener à une réduction des symptômes plus importante que les traitements médicamenteux. »

 

Pourquoi cette voie n’est-elle pas plus suivie ?
 

T. L. : « Les traitements par immunothérapie sont efficaces, mais ils sont très longs. Un traitement par voie sous-cutanée exige entre 40 et 60 visites chez l’allergologue sur une période de 3 ans, et un traitement par voie orale requiert une prise de tablette chaque jour pendant au moins 6 mois/an pendant 3 ans. Peu de patients vont donc au bout du traitement. Pour résoudre ce problème, ASIT Biotech a développé un procédé permettant de fragmenter les allergènes naturels tout en gardant l’information nécessaire à la programmation correcte du système immunitaire. Le rationnel de cette approche est que les fragments d’allergènes ainsi obtenus sont mieux tolérés par l’organisme que l’allergène entier et peuvent être administrés plus rapidement pour atteindre la dose efficace. »

« Les résultats obtenus dans la rhinite aux pollens de graminées sont très positifs puisqu’après seulement 4 visites chez l’allergologue, les patients traités présentent tous les mécanismes de tolérance immunitaire ainsi qu’une diminution de symptômes de 16 à 18 % ! Une vraie réussite qui ouvre des perspectives encourageantes pour d’autres allergènes. »