Les explications de Frank Chenot, Directeur de la SOFICO, Société wallonne de Financement Complémentaire des infrastructures.


 

La fibre optique : c’est quoi ?

« La fibre optique est un support de transmission beaucoup plus fin qu’un cheveu, qui transporte les données au travers d’impulsions lumineuses. Cette technologie permet de transporter les signaux sur de très longues distances et à des débits très importants : de l’ordre de 1 000 à 10 000 fois plus importants que les câbles en cuivre, tout en étant moins onéreuse. »
 

Pour quels réseaux est-elle utilisée ?

« À la Sofico, notre réseau fibre optique est utilisé principalement pour rencontrer nos besoins internes. Le premier concerne la connexion d’équipements de surveillance ou de contrôle sur les autoroutes et grandes nationales. Le second besoin concerne la gestion à distance des voies hydrauliques. »

« Le but est, par exemple, dans le futur, de pouvoir gérer à distance les ouvrages d’art en manœuvrant l’ouverture de portes d’écluses, etc. Pour ces missions, nous avons besoin de système de télécommande et de surveillance vidéo très gourmands en bande passante. »

Aujourd’hui, toutes les informations sur les patients sont stockées sur serveurs, la connectivité à très haut débit est donc devenue indispensable.
 

« Par ailleurs, nous utilisons les capacités excédentaires du réseau fibre optique pour les valoriser à destination des PME, du secteur hospitalier, de l’enseignement, de l’audiovisuel, etc. »

« Enfin, notre troisième mission est de participer à la couverture du territoire wallon en matière de haut débit et plus particulièrement  les zones à faible rentabilité économique au travers d’une connectivité fixe ou par le raccordement des antennes GSM/4G des opérateurs mobiles. »
 

Quelle attention portez-vous aux hôpitaux dans votre stratégie de déploiement ?

« Les hôpitaux constituent des cibles privilégiées dans le développement de notre réseau de fibre optique. Nous raccordons à l’heure actuelle plus de vingt hôpitaux en Région wallonne et à Bruxelles et avons identifié une série d’institutions non desservies. »

« Nous profiterons du déploiement de notre réseau vers les zonings et les voies hydrauliques pour les raccorder. Le but est donc de mutualiser nos investissements pour aller chercher un certain nombre de points intéressants, dont les hôpitaux, mais aussi les écoles, les hautes écoles, les ministères, etc. »
 

Quel rôle la fibre optique joue-t-elle dans le secteur des soins de santé ?

« La fibre optique y permet le transfert de très haut débit, notamment la mutualisation entre plusieurs hôpitaux, d’équipement de type scanner, résonnance magnétique, etc. Ces images peuvent être localisées dans un hôpital et être transférées, en direct, vers un autre hôpital pour que le médecin puisse les consulter et poser son diagnostic. »

De plus en plus d’hôpitaux demandent à accéder directement à la fibre noire : ils ne louent plus de service de connectivité.
 

« Le débit important et le temps de latence très faible de cette technologie constituent ses atouts majeurs pour la transmission des données. De plus, elle permet de délocaliser et ou rassembler toute une série d’applications informatiques et médicales. »
 

Quels besoins ressentez-vous au niveau des institutions hospitalières ?

« Aujourd’hui, toutes les informations sur les patients sont stockées sur serveurs, la connectivité à très haut débit est donc devenue indispensable. Nous ressentons également le besoin de connectivité entre les différentes entités hospitalières qui sont séparées géographiquement : les bâtiments sont situés parfois à 20 ou 30 km l’un de l’autre, et ont besoin de mutualiser leurs équipements ainsi que leurs services informatiques. »

« La téléphonie, par exemple, est généralement centralisée à un seul endroit de l’hôpital et transite de bâtiment en bâtiment au travers de réseaux informatiques. »

« Enfin, de plus en plus d’hôpitaux demandent à accéder directement à la fibre noire : ils ne louent plus de service de connectivité (une bande-passante), mais sont eux-mêmes gestionnaires de leur débit. Ils louent des circuits (liens en fibres noires), placent eux-mêmes leurs équipements et font évoluer le débit selon leurs besoins. »



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