Quelle est votre mission en matière de fibre optique ?

Frank Chenot : « Dans un premier temps, au début des années 2000, le réseau de fibre optique fut construit uniquement pour les besoins internes de la Région wallonne et la mise en place du projet Wallonie Intranet. Posé essentiellement le long des autoroutes, ce réseau était alors dédié au système de raccordement des caméras, aux postes de comptage, aux radars sur autoroute, etc. Par la suite, nous sommes entrés progressivement dans les villes, puis, afin de valoriser les capacités excédentaires du réseau, les soins de santé, les administrations, l’enseignement, l’audiovisuel et les PME. »
 

Où en est le déploiement de ce réseau ?

L’interconnexion des établissements permet aux médecins des autres hôpitaux de consulter les protocoles ou même de procéder aux examens médicaux à distance.

F. C. : « Aujourd’hui, nous disposons de 3 500 km de fibre optique et de quelque 1 000 connexions commerciales pour les PME, ministères et hôpitaux. Notre réseau est en grande majorité installé en Wallonie, mais aussi à Bruxelles où nous alimentons essentiellement des data centers pour fournir de la connectivité aux opérateurs, qui sont nos clients. Soulignons que la Sofico raccorde aussi les data centers en Wallonie et fournit la fibre optique à Belnet, l’opérateur de la recherche et de l’enseignement, qui raccorde toutes les universités en Belgique. Via cet opérateur, les hôpitaux universitaires sont également connectés en réseaux. »
 

Quels avantages la fibre optique présente-t-elle pour les hôpitaux ?

F. C. : « De manière générale, la fibre optique, c’est avant tout du très haut débit. Mais c’est aussi un média en général indépendant aux perturbations, permettant un débit quasi sans limite, ainsi qu’un support beaucoup plus confidentiel. Si des données transitent par la fibre, il est plus difficile de les intercepter, même si elles ne sont pas cryptées. Tout cela est évidemment très avantageux - voire indispensable - pour les hôpitaux. Aujourd’hui, nous fournissons ainsi de la fibre optique à plus d’une vingtaine d’institutions hospitalières. »
 

Qu’en font-elles ?

F. C. : « Nous avons entre autres interconnecté plusieurs hôpitaux d’une même institution, voire d’institutions différentes, qui souhaitaient collaborer. Cela leur a permis de mutualiser un certain nombre d’équipements médicaux qui coûtent extrêmement cher : radiologie, Petscan, etc. L’interconnexion des établissements permet aux médecins des autres hôpitaux de consulter les protocoles ou même de procéder aux examens médicaux à distance. En outre, le partage de connectivité permet aussi de mutualiser certaines ressources : informatique, téléphonie, stockage de données, etc. »
 

À terme, en quoi la fibre optique impactera-t-elle les hôpitaux ?


En Wallonie, il existe des zones blanches et des zones grises. Ces dernières sont moins bien desservies, car le haut débit n’y arrive pas.
 

F. C. : « On se dirigera vers une meilleure mutualisation de leurs équipements et services, une rationalisation du nombre de bâtiments et une concentration dans de grands centres interconnectés grâce à des débits très élevés. Cela offrira aussi la possibilité à chaque hôpital de se spécialiser dans des technologies et disciplines spécifiques. On verra également l’émergence d’une médecine d’intervention à distance, car le très haut débit permet une imagerie parfaite qui, à son tour, permet le travail à distance du spécialiste. Nous avons par exemple réalisé des projets pilotes avec un hôpital à Namur : un cardiologue présent à Mont-Godinne pouvait déterminer à distance s’il y avait lieu de faire transférer le patient chez lui ou de réaliser certains examens à Namur même. »
 

Pour y arriver, êtes-vous confrontés à certains défis ?

F. C. : « Oui, nous sommes face à des difficultés techniques. En Wallonie, il existe des zones blanches et des zones grises. Ces dernières sont moins bien desservies, car le haut débit n’y arrive pas. Elles sont principalement situées au sud du sillon Sambre et Meuse. La Sofico finalise son plan stratégique de déploiement du très haut débit, lequel prend en compte cette dimension. »