Quels sont les principaux enjeux de la ménopause actuellement ?

 

Axelle Pintiaux : « Il faut distinguer deux enjeux : les symptômes de la ménopause et ses conséquences d’une part et l’infertilité qu’elle entraîne d’autre part. Il faut effectivement différencier la ménopause physiologique, due à l’âge, de la ménopause iatrogène ou artificielle, due à un acte thérapeutique interrompant l’activité ovarienne, notamment dans le cas de cancers, de traitements de chimiothérapie, etc. »

 

Quelles solutions existent pour les femmes confrontées à une ménopause iatrogène ?
 

A. P. : « De nouvelles techniques permettent de cryopréserver les ovaires et de vitrifier les ovocytes qui pourront ensuite être réimplantés à la femme lorsqu’elle souhaitera avoir des enfants, une fois guérie. Ces techniques innovantes ont de beaux jours devant elles. »

 

Concernant la ménopause physiologique, quels en sont les symptômes et les défis ?
 

A. P. : « Bouffées de chaleur, troubles d’humeur, dépression : les diverses conséquences de la ménopause sur la femme proviennent essentiellement de dérégulations hormonales au niveau du cerveau. En effet, la carence en œstrogènes peut être responsable de nombreux problèmes. L’objectif de la recherche est d’en comprendre les mécanismes afin de permettre aux femmes de vieillir dans de bonnes conditions. »

« Une approche individualisée est indispensable : il faut choisir les hormones les plus appropriées, leur dose et la durée de la prise. »

« Un autre défi concerne les artères, responsables de maladies cardio-vasculaires, pour lesquelles les œstrogènes jouent également un rôle important. Pour prévenir les effets nocifs de la ménopause, il faut donc également cibler les artères, ainsi que les os, qui peuvent être fragilisés par ce dérèglement hormonal. »

 

En quoi consiste le traitement hormonal ?
 

A. P. : « Il vise à remplacer les hormones que les femmes ne sécrètent plus à cause de la ménopause et de restaurer ainsi leur équilibre hormonal. La prise d’œstrogène et de progestérone permet de lutter contre les symptômes désagréables de cette période. »

 

Les traitements hormonaux substitutifs peuvent-ils être pris sans risque ?
 

A. P. : « Il est en tout cas important de dédramatiser les traitements hormonaux qui ont été largement décriés dernièrement. Il a été démontré que, sur une durée de 6 ans, ce type de traitement pouvait être pris en toute sécurité. À condition bien sûr qu’il soit adapté à la patiente ! Une approche individualisée est indispensable : il faut choisir les hormones les plus appropriées, leur dose et la durée de la prise. »

 

Comment contrer les symptômes et répondre aux défis ?

Entre la phytothérapie et les traitements hormonaux sous forme de pilule, patch, gel ou depuis deux ans sous forme de spray, comment choisir la bonne solution ? La réponse en 4 questions.

 

 Quelle approche adopter ?
 

Traitement hormonal ou non : c’est en dialogue avec son médecin généraliste ou son gynécologue qu’une femme pourra considérer le traitement le plus adapté à son organisme. Une approche personnalisée est donc nécessaire.

 

 Quels sont les critères pris en compte ?
 

L’âge de la patiente, ses symptômes, ses besoins et ses antécédents médicaux sont les premiers éléments d’analyse. Sur cette base, les traitements hormonaux pourront être envisagés, ou des solutions alternatives telles que l’homéopathie ou la phytothérapie.

 

 J’ai opté pour le traitement hormonal. Quelles hormones choisir ?
 

La question est de savoir si la femme a toujours son utérus ou s’il a été enlevé chirurgicalement. S’il est présent, le traitement consistera en la prise d’œstrogène et de progestagène. Pour les femmes sans utérus, seul l’œstrogène sera administré.

 

 Sous quelle forme ce traitement est-il proposé ?
 

La prise d’œstrogène et de progestagène se fait sous forme de pilule combinée, patch combiné ou Tibolone. En cas d’œstrogène seul, il existe la solution orale (pilule) ou la solution transdermique sous forme de patch, de gel ou encore de spray.

 

Cet article a été rédigé en collaboration avec Gedeon Richter KEDP/DACRA4, date de création 03/2018.