Quel constat dressez-vous face aux défis du vieillissement de la population ?

Elisabeth Degryse : « Les prévisions d’augmentation des populations âgées de plus de 65 et 80 ans sont très importantes. Face à ce défi, depuis des années, nous essayons d’être proactifs dans les propositions que nous adressons à nos membres. Il s’agit de les accompagner dans le vieillissement, en particulier de leur permettre de rester le plus longtemps possible à domicile avec un maximum de confort de vie. Si on voulait placer tout le monde en institutions, il faudrait créer une maison de repos tous les 15 jours ! C’est impayable et les autorités n’ont pas du tout emprunté ce chemin-là. »
 

Quels moyens mettez-vous en œuvre ?

E. D. : « Nous avons développé quatre initiatives au sein de nos structures : Solival, Vitatel, Qualias et notre Fédération des aides et soins à domicile. Solival fournit des conseils d’aménagement de leur domicile aux personnes confrontées à des problèmes de dépendance en raison de leur âge, de leur handicap, etc. Nos ergothérapeutes se rendent à domicile pour évaluer les besoins et apportent des solutions concrètes. Il s’agit par exemple d’installer des meubles de cuisine qui montent et descendent, un monte-escalier ou une salle de bains adaptée. »
 

En quoi consiste Vitatel ?


Le but est de permettre aux personnes âgées de rester le plus longtemps possible à domicile avec un maximum de confort de vie.
 

E. D. : « C’est un système de téléassistance pour nos membres, mais aussi pour des non-membres. Grâce à une montre connectée ou un bouton de dialogue sur leur GSM, ils peuvent joindre notre centrale téléphonique en cas de problème. La centrale téléphonique, qui fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, envoie alors une personne sur place pour vérifier si tout va bien. Nous avons aussi développé un pilulier électronique pour les personnes qui ne se souviennent pas toujours si elles ont pris ou doivent prendre leurs médicaments. Un infirmier peut les préparer à l’avance dans le pilulier, qui sonne et libère les médicaments selon les besoins. »
 

Qu’en est-il des deux autres initiatives ?

E. D. : « Notre structure de magasins Qualias vend ou loue tout type de matériel visant à faciliter la vie des personnes âgées, dont celui recommandé par Solival pour l’aménagement du domicile. Enfin, notre Fédération des aides et soins à domicile permet de bénéficier de l’intervention d’aides familiales, d’infirmiers à domicile et d’aides à la vie journalière afin de prodiguer des soins, faire à manger, faire les courses, écouter… Cela ne s’adresse pas qu’aux personnes âgées mais complète le dispositif. »
 

Offrez-vous d’autres services aux seniors ?

E. D. : « Nous avons deux associations, Altéo et Énéo, qui organisent des activités locales afin de rompre l’isolement des personnes : cours d’anglais, accompagnement lors de déplacements chez le kiné ou à l’hôpital, etc. Le maillage de ces associations permet aussi aux personnes de rester le plus longtemps possible chez elles. »
 

Comment réagissez-vous à la décision du gouvernement wallon relative à l’assurance-autonomie ?

E. D. : « Nous nous en réjouissons. Sa mise en œuvre figurait parmi nos demandes depuis notre mémorandum de 2014. Nous avons énormément collaboré avec l’ensemble des autres organismes assureurs et les autorités wallonnes pour qu’elle se concrétise. Le projet, qui sera d’application en 2021, prévoit que tous les Wallons cotisent selon deux grilles : 36 euros par personne à partir de 26 ans et 18 euros pour les bénéficiaires des interventions majorées. Cette cotisation alimentera un budget global qui permettra de soutenir financièrement les personnes intervenant au domicile des personnes dépendantes en remboursant une partie de cette prise en charge. »