« La polyarthrite rhumatoïde est la forme la plus fréquente des rhumatismes inflammatoires chroniques, explique le Professeur Durez. « Cette maladie auto-immunitaire est caractérisée par une inflammation des articulations, en particulier celles des pieds et des mains. Elle provoque des douleurs, un handicap fonctionnel et des dégâts articulaires irrémédiables. »

 

Les grandes évolutions pour 2018
 

« La maladie est très hétérogène, fort variable d’un patient à l’autre. Le projet CAP48 vise à développer en Belgique deux objectifs essentiels. Le premier concerne le diagnostic précoce : s’il est bien posé et qu’il permet une prise en charge adéquate et rapide, il influence le pronostic à long terme. Le second consiste en une évaluation et en la réalisation de prélèvements précis afin de déterminer, comme on le fait dans d’autres pathologies telles que le cancer, des marqueurs de pronostic et de réponse thérapeutique. »

« Le projet CAP48 permet également de développer une approche innovante par la réalisation de biopsie synoviale dès le début de la maladie, qui permet de caractériser l’état inflammatoire de la pathologie, de mieux différencier les malades sévères des malades moins évolutifs. Ces analyses synoviales permettront, nous l’espérons, de découvrir des marqueurs du système immunitaire infiltrant l’articulation et de mieux définir la stratégie thérapeutique dès le diagnostic. »

 

Des traitements plus ciblés
 

« En effet, les traitements de la polyarthrite évoluent actuellement vers des traitements plus ciblés dits biologiques permettant de contrôler de manière spécifique le système immunitaire en interagissant sur des protéines inflammatoires ou sur des cellules activées du système immunitaire (lymphocytes). Ces médicaments restent couteux et réservés à des formes sévères évolutives. L’avenir nous permettra peut-être de mieux sélectionner ces traitements ciblés par une utilisation plus précoce chez des malades présentant des critères de gravité et par l’utilisation de marqueurs synoviaux prédictifs de la réponse. Ceci permettra d’assurer une rémission plus complète à un plus grand nombre de patients en garantissant les 3 principaux objectifs des traitements, une maladie silencieuse, une vie sociale et professionnelle normale et l’absence de déformations articulaires. »