Qu’est-ce que la presbytie et quelles en sont ses conséquences ?
 

Dr. Guy Sallet : « La presbytie est un vieillissement du cristallin, qui survient à partir de l’âge de 45 ans. En raison de ce vieillissement, il n’est plus capable de se contracter suffisamment pour “corriger” la vision de près. Ceux qui en sont atteints ont dès lors besoin de lunettes pour lire ou voir de près. S’ils ont en plus besoin de lunettes pour voir de loin, il faut passer aux verres progressifs ou multifocaux. Les lentilles de contact multifocales ne garantissent généralement pas une correction suffisante de près pour la lecture et ne peuvent donc pas être envisagées. Mais, comme bon nombre de personnes préfèrent éviter les lunettes, la chirurgie peut être une solution. »

 

Quels sont les traitements chirurgicaux disponibles ?
 

G. S. : « Le laser excimer permet surtout de corriger la vision de loin. Ce traitement corrige aussi la vision de près dans une certaine mesure, plus limitée, insuffisante pour lire les petits caractères. Qui plus est, il n’est possible de corriger que jusqu’à +3 dioptries en cas de presbytie. Par contre, les implants trifocaux donnent une bonne vision de près et de loin (30-40 cm), ainsi qu’une vision utile à distance intermédiaire (60-80 cm). »

 

Comment vos patients réagissent-ils aux implants trifocaux ?
 

G. S. : « Certains patients doivent naturellement s’habituer au début à la vision multifocale. Pour de nombreux patients, l’effet est immédiat. D’autres ont besoin de quelques semaines, voire de quelques mois, pour se faire à leur nouvelle vision. Les implants intraoculaires trifocaux ne vous rendent pas la vision de près et de loin de vos 20 ans, mais ils vous apportent une aide suffisante pour vous passer de lunettes, de près comme de loin. »

« Après le traitement, plus de 90 % de nos patients peuvent se passer totalement de lunettes. »

« Chaque année, nous enregistrons une croissance du nombre de traitements. En effet, les demandes se multiplient suite aux réactions positives des patients déjà traités. C’est pourquoi, les implants trifocaux représentent notre premier choix pour les patients âgés d’au moins 45-50 ans qui aspirent à une vie sans lunettes, de près comme de loin. »

 

Quels sont les avantages concrets ?
 

G. S. : « L’avantage des implants trifocaux est qu’il est inutile de bouger la tête pour voir de près ou de loin. Quelle que soit la position de votre tête, vous voyez correctement. Il s’agit d’un atout très pratique pour les patients qui, dans le cadre de leur profession, doivent impérativement avoir une bonne vision de près dans différentes positions. Je pense aux électriciens, aux peintres, aux ouvriers de la construction ou à ceux qui doivent lever les yeux dans le cadre de leur travail. L es verres progressifs ne suffisent pas dans ces cas-là. Des lunettes de lecture peuvent soulager, mais vous perdez alors en perception de profondeur quand vous êtes sur une échelle ou un échafaudage et que vous regardez vers le bas. »

 

L’implant trifocal constitue-t-il une bonne solution pour tous les patients atteints de cataracte et de presbytie ?
      

G. S. : « Les implants intraoculaires trifocaux sont adaptés chez la plupart des patients, à condition bien sûr qu’il n’y ait pas d’autres maladies oculaires. Il faut aussi tenir compte de légers effets indésirables. La nuit, les patients voient souvent des halos autour des sources lumineuses. Nous sommes dès lors très prudents lorsque nous traitons des conducteurs de poids lourds, par exemple. Mais nous savons d’expérience que ces effets indésirables sont bien tolérés par la plupart des patients, qui ne les remarquent même plus au bout de quelques mois. »

« Après le traitement, plus de 90 % de nos patients peuvent se passer totalement de lunettes. Tout commence par des mesures minutieuses, capitales pour calculer la puissance de l’implant et pour pratiquer la chirurgie avec la plus grande précision possible. Pour le moment, l’astigmatisme peut être corrigé en optant pour un implant trifocal avec correction pour l’astigmatisme ou en pratiquant des incisions au laser pendant l’intervention. »

« De ce fait, environ 10 % des patients utilisent encore une petite correction par la suite pour effectuer certaines tâches. L’expérience que nous avons chez ces patients nous apprend que les implants trifocaux fonctionnent de près comme de loin, mais que certaines tâches – comme la lecture prolongée d’un livre – peuvent être fatigantes. »