Comment le lupus se développe-t-il ?
 

Frédéric Houssiau : « Le lupus est une maladie auto-immune dans laquelle les malades développent des auto-anticorps contre des constituants de leurs propres organes. La maladie est extrêmement polymorphe, avec des formes peu sévères, d’autres, plus sévères, qui compromettent la qualité de vie des patients. Elle est polygénique et touche 9 femmes pour 1 homme, généralement jeunes. La majorité des malades souffrent d’atteintes articulaires et cutanées, mais les cas les plus graves concernent les organes internes, que ce soit les reins (35 à 50 % des malades), le système nerveux central, les cellules sanguines, les poumons, le cœur, etc. Les enjeux sont donc importants même s’il ne s’agit pas d’une maladie très fréquente. »

 

Quels sont les traitements actuels de cette maladie ?
 

F. H. : « Le traitement conventionnel repose sur l’utilisation d’hydroxychloroquine, de glucocorticoïdes et d’autres immunosuppresseurs. Les nouveautés viennent d’une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques sous-jacents et en particulier des médiateurs immunologiques impliqués dans la pathologie. De nombreux essais cliniques en cours pourraient offrir d’autres avancées décisives. Plusieurs autres cibles thérapeutiques ont en effet émergé ces dernières années ; elles visent à bloquer les interférons de type 1, en particulier l’interféron alpha, BLyS/BAFF, l’interleukine-6 ou encore les lymphocytes B. L’espoir est de disposer d’un maximum d’options thérapeutiques distinctes pour pouvoir bloquer la progression de la maladie en fonction de la signature moléculaire individuelle du patient. »

 

En quoi consiste l’association Lupus Érythémateux ?
 

F. H. : « Créée il y a plus de 20 ans, cette association organise régulièrement des réunions d’information sur le lupus : le 5 mai prochain notamment, il sera question des espoirs thérapeutiques dans cette maladie. Ces réunions permettent aux patients de se rencontrer et de mieux comprendre leur maladie. L’association proposera aussi bientôt un programme d’éducation thérapeutique destiné aux patients. Le manque de compréhension du traitement est en effet l’une des principales causes de récidive du lupus. Enfin, l’association est très active sur le Net et participe bien sûr au séminaire virtuel organisé avec l’association CLAIR. »