Dr Freddy Van de Casseye,
Président de la Ligue Cardiologique Belge

Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité en Belgique avec 31  000 décès par an. Toutefois, elles enregistrentavec une diminution de plus de 10 % en 13 ans. Ceci démontre donc que la prévention associée à l’évolution de nouveaux traitements médicamenteux et de nouvelles techniques en cardiologie est efficace.

Les maladies cardiovasculaires sont également devenues la première cause de mortalité chez la femme avec 17 000 décès par an et la deuxième cause chez l’homme avec 17 000 décès par an chez la femme pouravec 14  000 chez l’hommecas annuels.

Gérer ses facteurs de risque

Les maladies cardiovasculaires sont insidieuses. Elles ne se déclarent qu’après une longue et lente atteinte des artères suite à l’agression progressive de la paroi artérielle par divers facteurs   génétiques ou environnementaux. On les appelle facteurs de risque. Parmi ces facteurs, plusieurs peuvent être corrigés, à savoir l’hypertension artérielle, le taux de cholestérol élevé, l’excès de poids, l’excès de sucre, le tabagisme, le manque d’activité physique. Mais ces facteurs sont très souvent sous-diagnostiqués, car souvent asymptomatiques, c’est-à-dire que les patients ne présentent pas ou peu de symptômes. C’est la raison pour laquelle une détection précoce et régulière de ces facteurs est très importante, car celle-ci permettra de prévenir la maladie cardiovasculaire avant même que celle-ci ne se soit déclarée.

La prévention, ça marche !

Il existe aujourd’hui des données qui permettent d’attribuer une part importante de la diminution des décès cardiovasculaires à la prévention. En matière de maladies cardiovasculaires, la prévention passe d’abord par la nécessité d’informer, de sensibiliser, d’inciter au dépistage et au diagnostic puisque ces affections sont très souvent asymptomatiques. Une série de facteurs de risque peuvent être mesurés avec précision (la tension artérielle, le taux de cholestérol ou de sucre dans le sang,…), d’autres pas. Il existe donc différentes méthodes destinées à « jauger » le risque cardiovasculaire global d’un individu. La prévention, c’est aussi modifier son mode de vie (alimentation, exercice physique, tabagisme,…), qui est à l’origine de nombreuses affections cardiovasculaires.

Et demain ?

La cardiologie évolue rapidement et ne manque pas de défis à relever pour l’avenir :

  • Nouvelles techniques de cardiologie interventionnelle moins invasives comme les remplacements valvulaires, angioplasties avec stents biodégradables
  • Nouveaux traitements médicamenteux : anticoagulants, antihypertenseurs, hypercholestérolémiants sur base d’anticorps monoclonaux

C’est la combinaison des progrès thérapeutiques associés à une prévention adéquate par un mode de vie adapté qui permettront de continuer à baisser la mortalité cardiovasculaire dans notre pays.