« Ces comportements sont très difficiles à modifier sur le plan personnel parce qu’ils sont sujets à une dépendance physique et psychologique très forte. L’emprise de la télévision et des nouveaux médias induit une réduction drastique de l’activité physique. Les publicités poussent à la consommation alimentaire, de manière très hypocrite (une personne jeune svelte dégustant des aliments peu favorables, mais attirants) et à la surutilisation des divertissements passifs. Le sport, omniprésent, est de plus en plus un spectacle de quelques acteurs, devant un immense public « scotché » devant l’écran ; mais sa pratique régresse dans le grand public adulte. »

Le rôle de l’État et de la société

« Au niveau de l’État, il est primordial d’établir des règles (interdiction du tabagisme au travail, mise à disposition d’aliments bénéfiques à l’école…) et de favoriser par des incitants légaux l’exercice physique (espaces verts, pistes cyclables…) et l’alimentation saine (aide à l’agriculture et l’élevage de qualité).

Au niveau de la société, des changements « culturels » doivent s’opérer. Il faut dévaloriser les modèles délétères : fumer n’est pas une « preuve de liberté, ou d’esprit contestataire », mais la soumission à l’industrie du tabac. Protéger l’environnement bénéficie tant à la planète entière qu’à l’individu qui s’y emploie : consommer moins de viande, favoriser les déplacements non motorisés… »

Différences sociales

« Cependant, ces changements sociétaux sont freinés par des forces économiques, dont les pouvoirs politiques attendent la croissance, génératrice d’emplois. De plus, le type de société peut influer : une société individualiste, ultralibérale, avec de gros écarts de revenus engendre des pathologies plus fréquentes que les sociétés plus solidaires. Le modèle « métro-boulot-dodo » nécessite des aménagements à chaque étape de la journée. Quant aux sans emploi, la précarité sociale et le stress psychosocial accélèrent l’artériosclérose. Les individus plus diplômés adoptent des modes de vie plus favorables. Mais favoriser un niveau d’enseignement élevé implique des orientations politiques courageuses. »

Une politique en plus des conseils

« Dans une large mesure, la prévention dépend donc du développement démocratique de nos sociétés, équilibrant par la politique les pressions économiques et culturelles, et ne peut donc se résoudre à quelques conseils répétés chaque année, et si vite oubliés. »