Détection

Pour la Dre Cynthia Barbraud, la fibrillation auriculaire reste une affection sous-détectée : « Bien qu’elle constitue l’arythmie la plus fréquente dans la population, elle n’est pas toujours symptomatique.

Un pouls irrégulier, un essoufflement ou une fatigue inhabituels peuvent déjà être des signaux suffisants pour mener à un examen clinique plus approfondi et à la réalisation d’un électrocardiogramme. »

Examens

Deux examens principaux seront effectués, explique la Dre Agnès Pasquet :

-une échographie cardiaque, qui aura pour but de rechercher des pathologies valvulaires ou congénitales et d’évaluer la fonction ventriculaire gauche. La taille des oreillettes est aussi mesurée. Plus elles sont dilatées, plus la fibrillation sera fréquente et plus il sera difficile de restaurer un rythme régulier.

-une épreuve d’effort : le patient devra pédaler face à une charge croissante comme s’il se trouvait dans une côte. On observera ainsi comment le cœur s’adapte à l’effort, afin de préciser le diagnostic de pathologie coronarienne. »

Des risques conséquents

Le Pr Christophe Scavée dégage deux risques majeurs, en dehors des symptômes de palpitations :

« Un risque d’AVC et un risque d’insuffisance cardiaque. Les hommes sont principalement atteints et dès l’âge de 40 ans, un homme a une “chance” sur 4 de connaître au moins un épisode de fibrillation auriculaire d’ici à la fin de sa vie. Le risque d’AVC est multiplié par 5 en cas de fibrillation. Si celui- ci survient, il sera plus sévère et engendrera plus de mortalité et de séquelles à long terme que pour des AVC d’autres origines. D’où l’importance des anticoagulants pour prévenir le risque. »

Alternatives aux anticoagulants

Une alternative existe pour les patients qui ne peuvent se voir administrer des anticoagulants sur une période prolongée, comme l’explique la Dre Joëlle Kefer : « Elle consiste à exclure l’auricule du reste du cœur et de la circulation, à l’aide d’une prothèse qui s’implante par un système de cathéter introduit par la veine fémorale. En remontant jusqu’au cœur avec une fine sonde, la prothèse sera déployée à l’entrée de l’auricule.

Les résultats sont très encourageants : ces procédures protègent au moins aussi bien que les anticoagulants, et on observe une réduction drastique des hémorragies grâce au fait que l’on arrête les anticoagulants après la pose de la prothèse. »