Mario Huyghe, CEO de Philips Health Systems Benelux

Pourquoi la prévention cardiovasculaire est-elle fondamentale ?

Mario Huyghe : En Belgique, environ 110 000 personnes suivent un traitement chronique pour une décompensation cardiaque. Le nombre de patients atteints de maladies cardiovasculaires devrait augmenter de 30 % d’ici à 2050. En cause : le mode de vie ou les prédispositions génétiques. Il faut dès lors détecter les problèmes le plus tôt possible, afin de pouvoir différer l’apparition des maladies. De la sorte, les séquelles d’une hémorragie cérébrale, par exemple, restent limitées et les personnes continuent à bénéficier d’une bonne qualité de vie.

Comment détecter les problèmes ?

M. H. : Bon nombre d’outils « portables », dont des montres spéciales, permettent de surveiller notre santé (condition physique, activité physique, sommeil, etc.) et d’adopter un mode de vie sain. Dès qu’on diagnostique une anomalie, on peut en analyser la cause et tenter de la corriger, soit par un changement de mode de vie, soit par un traitement médicamenteux et/ou chirurgical. On évite ainsi une aggravation. Autre possibilité : assurer un suivi via la télécardiologie. Ici, l’objectif est de pouvoir suivre en continu un patient qui reste à domicile ; en cas de problème avec la thérapie, elle peut être adaptée.

Quelles perspectives supplémentaires offrent les nouvelles technologies ?

M. H. : En Allemagne, en Angleterre et aux Pays-Bas, les patients peuvent déjà utiliser leur GSM, leur ordinateur ou leur tablette pour envoyer des informations (poids, fréquence cardiaque, tension artérielle, etc.) à des centres de soins. En Belgique, nous introduirons Mobile Health en 2017 : notre plateforme Health Citizen peut intégrer de multiples technologies. Nous développons en outre un appareil qui permettra au patient de prendre un échantillon de son sang et de l’analyser à domicile. Enfin, nous lancerons un appareil d’échographie portable que tout médecin pourra utiliser n’importe où. En le connectant à un smartphone, celui-ci pourra transmettre les résultats à un cardiologue.

Quelles technologies votre société fournit-elle aux hôpitaux ?

M. H. : Nous proposons une large gamme d’appareils de mesures de l’activité cardiaque, notamment en échocardiographie, en imagerie par résonance magnétique, en imagerie avancée SPECT (Single Photo Emission ComputedTomography) et en réanimation.