Colette Choffray, présidente de la Fédération Belge des Aphasiques Francophones asbl

L’aphasie est une pathologie très complexe dont l’appellation grecque signifie : privation de la parole. À NUANCER toutefois ! La PAROLE désigne principalement l’acte MOTEUR (articulation). L’aphasie dite « motrice », de BROCA, entraîne un discours parsemé de troubles articulatoires (atteinte du lobe frontal). L’aphasie se caractérise par un signe clinique traduisant une altération acquise du langage consécutive à une lésion cérébrale. Le nombre de personnes aphasiques est estimé à environ 50 000 personnes en Belgique.

Les causes de l’aphasie

La plus fréquente reste l’Accident Vasculaire Cérébral (thrombose, hémorragie cérébrale…). Parmi les autres, on note un traumatisme crânien (accident de la route,…), une tumeur ou une lésion cérébrale. Chacune de ces causes atteint, à divers degrés, les zones du langage de l’hémisphère gauche.

Principaux types d’aphasie et symptômes majeurs touchant le langage oral

Aphasie de Broca (à prédominance motrice)

  • Réduction de l’expression orale en quantité et en qualité
  • Troubles articulatoires avec difficultés de coordonner les mouvements
  • Outils grammaticaux absents ou erronés
  • Compréhension orale relativement préservée

Aphasie de Wernicke (à prédominance sensorielle)

  • Langage spontané fluent, non contrôlé
  • « Néologismes » entraînant un jargon
  • Logorrhée (surabondance de mots)
  • Compréhension orale atteinte

Aphasie de conduction

  • Manque du mot entraînant un jargon

Aphasie amnésique de Pitres

  • Mémoire des mots atteinte de façon plus ou moins sévère, d’où de nombreux arrêts dans le langage comblés par des mots tels que « truc » ou des gestes explicatifs

Aphasies globales

  • Globale totale : combine les éléments les plus atteints dans la forme de Broca et dans celle de Wernicke
  • Globale à prédominance motrice ou sensorielle (ou aphasie mixte)

La prise en charge de l’aphasie

La prise en charge de l’aphasie est essentiellement assumée par les logopèdes (orthophonistes) et les neuropsychologues sur la base des principes thérapeutiques suivants : analyse structurale préalable des troubles, analyse fonctionnelle, adaptation aux cas individuels et prise en compte de la motivation. Toutefois l’importance de la stimulation de l’entourage est cruciale.

L’aphasie passe, hélas, trop souvent inaperçue autour de nous… Évitons également les amalgames fâcheux qui associent, par exemple, les aphasiques aux alcooliques.

N’importe quand, l’AVC peut survenir et entraîner cette pathologie « médicosociale » cruelle !