Quand l’hypertension résiste à la prise de plus de trois médicaments voire davantage, ou que l’on suspecte une cause secondaire, une consultation spécialisée peut toutefois être indiquée.

« On parle d’hypertension artérielle lorsque la pression artérielle qui règne dans les artères est excessive (pression systolique supérieure ou égale à 14 cmHg et/ou diastolique supérieure ou égale à 9 cmHg lors de mesures répétées) », explique le Pr Alexandre Persu (Service de pathologie cardiovasculaire, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCL).

Quels sont les risques ?

« L’hypertension est une cause majeure d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus du myocarde, mais aussi d’insuffisance cardiaque et rénale. »

Quelle prise en charge ?

« La prise en charge de l’hypertension artérielle comporte  une amélioration de l’hygiène de vie (maigrir, diminuer l’apport en sel et en boisson alcoolisées, augmenter l’activité physique…) et, dans la majorité des cas, la prise d’un ou plusieurs médicaments. »

Quel est le rôle du médecin généraliste ? « La plupart des hypertensions artérielles peuvent et doivent être prises en charge par le médecin généraliste, dans le cadre de la prévention cardiovasculaire globale. »

Quand recourir à un spécialiste ?

« Quand l’hypertension n’est pas contrôlée malgré la prise de trois médicaments voire davantage, ou que l’on suspecte une hypertension secondaire (moins de 5 % des cas). Aux Cliniques universitaires Saint-Luc, notre spécificité est de prendre en charge les patients hypertendus résistants malgré un traitement complexe. Cette prise en charge comporte une recherche approfondie des causes éventuelles (rénales, endocrines…) et un ajustement du traitement, souvent en plusieurs étapes. Dans les cas les plus rebelles, des traitements innovants comme la dénervation rénale peuvent être proposés dans le cadre d’études. »

Existe-t-il des programmes de recherche ?

« Nous sommes impliqués dans plusieurs programmes de recherche nationaux et internationaux portant sur l’hypertension artérielle résistante (dénervation rénale, nouveaux médicaments), et les formes secondaires d’hypertension (dysplasie fibromusculaire, phéochromocytomes et paragangliomes).

On parle ici de formes rares d’hypertension ?

« En effet. Notre intérêt pour ces formes rares d’hypertension s’inscrit dans une dynamique institutionnelle. Les Cliniques universitaires Saint-Luc se sont récemment dotées d’un Institut des Maladies rares. Le Service de Pathologie cardiovasculaire participe à cette initiative. »