Le point avec le Dr. Etienne van Vyve, coordinateur de la Clinique de l’obésité de la Clinique Saint-Jean et le Dr. Reza Chamlou, chef de service du service de chirurgie digestive, endocrine et thoracique.



 

Quelle est l’ampleur du problème de l’obésité ?

Dr Etienne Van Vyve : « On compte plus de 300 millions de personnes obèses dans le monde. En Belgique, 48 % de la population adulte (de 18 ans et plus) est en surpoids (Indice de masse corporelle ou IMC > 25) et 14 % est obèse avec un IMC au-dessus de 30. Il est également intéressant de noter que le surpoids et l’obésité augmentent en proportion avec l’âge jusqu’à 75 ans et que de plus en plus d’enfants sont touchés (1 sur 6). Les projections sur 2030 dans le monde sont pessimistes et prévoient une augmentation de l’obésité. »

 

Quelle est votre approche de la prise en charge des patients ?

Dr Reza Chamlou : « L’obésité doit être considéré comme un problème de santé publique. Les patients doivent être encouragés dans leurs démarches pour perdre du poids en leur expliquant qu’ils sont plus susceptibles de développer dans le temps un diabète et/ou une pathologie cardio-vasculaire, par rapport à la population non obèse. Il est également important d’expliquer aux patients que c’est la combinaison de la chirurgie avec un changement de comportement alimentaire, associé une pratique régulière d’exercice physique, qui vont constituer la clef pour obtenir une perte de poids. »

L’obésité doit être considéré comme un problème de santé publique puisqu’elle mène plus facilement au développement d’autres pathologies.

« Les régimes et l’exercice physique seul, ne font perdre en moyenne que 2 % du poids de départ. D’où l’importance d’une prise en charge par une équipe multidisciplinaire qui va épauler et suivre le patient. Dans cette pathologie la dimension psychologique est également toujours importante pour jauger la motivation des patients et rechercher la raison du mal-être qui s’exprime par l’obésité. »

 

Quelles sont les spécialités d’une telle équipe multidisciplinaire ?

É. v. V. : « Nous comptons aujourd’hui trois chirurgiens, deux médecins nutritionnistes, deux psychologues ainsi que des coordinatrices qui établissent le parcours de soins des patients. Des kinésithérapeutes s’occupent aussi des patients, qu’il y ait intervention chirurgicale ou non. Notre équipe multidisciplinaire travaille sur un même plateau de consultations depuis 2004 et nous utilisons pour les interventions chirurgicales du matériel endoscopique de pointe et de haute qualité (définition de l’image en ultra HD ou en 3D). »

 

Dans quel cas la chirurgie est-elle requise ?

R. C. : « En Belgique, la loi est très claire : on ne peut opérer que des patients ayant un IMC supérieur ou égal à 40 après l’échec d’un régime entrepris correctement depuis plus d’un an, ou des patients ayant un IMC supérieur ou égal à 35 avec une comorbidité associée (un diabète ou une hypertension artérielle résistante à 3 antihypertenseurs ou un syndrome d’apnée de sommeil). Ceci étant dit, une partie des patients ne souhaitent pas spécialement être opérés ou ne réunissent pas les conditions requises. Ici encore la multidisciplinarité de notre équipe permet une prise en charge plus adapté à la demande de chacun de ces patients. »