Dr Freddy Van de Casseye, Président de la Ligue Cardiologique Belge

En Belgique, 31 000 décès par an sont dus aux maladies cardiovasculaires. Insidieuses, elles ne se déclarent qu’après une longue et lente atteinte des artères suite à l’agression progressive de la paroi artérielle par divers facteurs génétiques ou environnementaux. On les appelle facteurs de risque.

Parmi ces facteurs, plusieurs peuvent être corrigés à savoir l’hypertension artérielle, le taux de cholestérol élevé, l’excès de poids, l’excès de sucre, le tabagisme, le manque d’activité physique. Mais ces facteurs sont très souvent sous-diagnostiqués, car asymptomatiques, c’est-à-dire que les patients ne présentent pas ou peu de symptômes. C’est la raison pour laquelle une détection précoce et régulière de ces facteurs est très importante, car celle-ci permet de prévenir la maladie cardiovasculaire avant même que celle-ci ne soit déclarée.

Mesures hygiéno-diététiques et traitement

Il est possible de prévenir et réduire le risque d’accident cardiovasculaire en adoptant des mesures hygiéno-diététiques simples (arrêt tabagique, alimentation saine et variée, activité physique quotidienne…) qui sont parfois combinées à la prise quotidienne de médicaments ciblant les différents facteurs de risque. Le patient devra s’y soumettre consciencieusement, sur le long terme et de façon régulière. C’est ce que l’on appelle l’adhésion. Et pourtant, les Belges prennent encore trop peu soin de leur santé : 45 % souffrent de surcharge pondérale ou d’obésité, 35 % ont une activité physique insuffisante, 25 % sont des fumeurs quotidiens, 45 % ont un taux de cholestérol trop élevé, 11 % sont hypertendus et 6 % sont diabétiques de type II.

Les médicaments ne fonctionnent que chez les patients qui les prennent. Or, en Belgique, 25 % des patients ne débutent pas leur traitement, 15 % ne prennent pas les doses prescrites et 40 % arrêtent leur traitement dans les 12 mois.

Et après un accident cardiaque ?

Une étude européenne a suivi pendant 6 mois des patients cardiaques après avoir été victimes d’un infarctus ou d’un pontage cardiaque et met en lumière un constat alarmant : malgré la survenue d’accidents cardiaques graves, près de 50 % continuent à fumer, 60 % ont une obésité abdominale, 80 % sont en surpoids, 25 % ont du diabète, plus de 40 % ont une pression artérielle au-dessus des normes, 40 % seulement suivent leur programme de revalidation cardiaque, 60 % disent ne pas avoir augmenté le niveau d’activité physique et plus de 80 % ont un mauvais cholestérol (LDL) au-dessus des valeurs recommandées.

Paramètre sous-estimé de la réussite d’un traitement, une bonne adhésion réduit la mortalité pratiquement de moitié et permet d’éviter un accident cardiaque grave, des hospitalisations ou des ré-hospitalisations, des rechutes et d’avoir une meilleure qualité de vie au quotidien.