Qu’est-ce que l’insuffisance cardiaque ?

« C’est un syndrome caractérisé par un ensemble de symptômes et de signes, explique la Professeure Anne-Catherine Pouleur, cardiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Le patient se plaint d’être fatigué, essoufflé, d’avoir les pieds gonflés. Y sont associées des anomalies mises en évidence à l’échographie cardiaque. »

Quelle est la première prise en charge ?

« Il s’agit un traitement médicamenteux, souvent insuffisant. Même s’il est bien mené, les patients sont fréquemment hospitalisés et accusent une diminution de leur qualité de vie. Et la mortalité reste importante. Malgré les traitements médicamenteux, cette pathologie prévoit 50 % de mortalité à cinq ans. Certaines interventions peuvent être prescrites afin de traiter la cause de l’insuffisance cardiaque : rétablir le flux sanguin dans une artère coronaire par une dilatation ou un pontage coronarien. Dans le cas de certaines arythmies, on peut implanter un stimulateur cardiaque (pace maker) ou un défibrillateur, s’il y a un haut risque d’arrêt cardiaque. Lorsque l’origine ou l’aggravation de l’insuffisance cardiaque est due à la faiblesse d’une valve, la meilleure solution est parfois de réparer ou de remplacer la valve. Certains patients doivent être suivis régulièrement en consultation. Les patients stables sont vus une ou deux fois par an, en consultation à l’hôpital. Ensuite, la place est laissée au médecin traitant pour les suivis intermédiaires, le contrôle de la prise de sang et des paramètres du patient. »

Quelle est l’étape suivante ?

« Il s’agit de la transplantation cardiaque, réalisée le plus souvent en milieu universitaire et proposée à des patients jeunes à la qualité de vie réduite. Cela ne se décide pas seul. » La prise en charge du patient souffrant d’insuffisance cardiaque nécessite une approche multidisciplinaire et intégrée. « Toute l’équipe de notre département cardiovasculaire (soins intensifs, chirurgiens, cardiologues) est donc impliquée. »

 Quel est l’avantage d’un hôpital universitaire ?

« On se réunit en équipe une fois par semaine pour parler de tous les dossiers avec les différents intervenants. Des programmes de recherche, d’études cliniques, de nouvelles techniques, y sont développés. On est à la pointe de la recherche. »