Quelle est votre expérience personnelle par rapport à la santé cardiovasculaire ?
 

Eddy Merckx : « Chaque année, tous les coureurs cyclistes sont soumis à des tests cardiaques obligatoires. J’y ai donc été soumis, moi aussi. C’est facilement compréhensible : vu les efforts fournis, il est impératif de s’assurer de la santé cardiaque d’un sportif de haut niveau. Mais cela l’est également pour tout un chacun afin de pouvoir déceler toute anomalie. Pour ma part, je me rends régulièrement chez le cardiologue vu mes antécédents familiaux : mon père est décédé à la suite d’une crise cardiaque alors qu’il n’avait que 63 ans ; mon frère est décédé l’année passée à l’âge de 68 ans, également frappé par une crise cardiaque ; du côté paternel, nombreux de mes oncles sont décédés en raison du même problème. »

 

Durant votre carrière, avez-vous été confronté à des problèmes éventuels ?
 

E. M. : « Je n’ai pas eu de problème cardiaque lors de ma carrière, mais plutôt par après. J’ai la particularité d’avoir un cœur qui bat extrêmement lentement. Ceci est d’ailleurs le cas de tout sportif pratiquant un sport d’endurance à un haut niveau. »

 

Par la suite, effectivement, vous avez subi une intervention chirurgicale au cœur. Quelle en était la raison ?
 

Mon père est décédé à la suite d’une crise cardiaque alors qu’il n’avait que 63 ans ; mon frère est décédé l’année passée à l’âge de 68 ans, également frappé par une crise cardiaque.

E. M. : « J’étais suivi par mon cardiologue depuis de nombreuses années. J’ai rencontré des problèmes d’arythmie cardiaque et de pression sanguine trop basse. En 2013, on m’a placé un pacemaker afin de régulariser ma fréquence cardiaque et d’éviter tout autre problème. L’année suivante, j’ai subi une intervention plus légère : un cardiologue réputé, le professeur Pedro Brugada de l’UZ Jette, a éliminé l’arythmie en effectuant une « ablation » de la fibrillation auriculaire. »

 

Les maladies cardiovasculaires sont actuellement la première cause de décès en Belgique. Aujourd’hui, à la veille de la Journée internationale contre l’obésité de ce 18 mai et à quelques jours de la Journée sans tabac du 31 mai, quels sont vos conseils en matière de prévention ?
 

E. M. : « Je dirais avant tout de faire du sport, car, ainsi, le cœur se développe. Plus globalement, le sport permet aussi de se maintenir en forme, de se dépenser, de s’évader et, ainsi, d’éliminer le stress et les mauvaises toxines. Il est également essentiel de se nourrir sainement - en veillant à une alimentation variée - et d’avoir une bonne hygiène de vie. Un suivi médical est aussi très important, surtout lorsqu’il existe des antécédents familiaux et sûrement lorsque l’on exerce du sport de haut niveau. Tous ces facteurs sont primordiaux pour limiter voire éliminer les accidents cardiaques. »

 

Que pensez-vous du décès du jeune cycliste belge Michael Goolaerts lors du dernier Paris-Roubaix ? Cela aurait-il pu être évité ?
 

E. M. : « Ce qui lui est arrivé le 8 avril dernier est évidemment dramatique : être emporté si jeune, c’est terrible ! Malheureusement, nul n’est à l’abri d’un pareil scénario ; la « mort subite » peut arriver à chacun d’entre nous, à n’importe quel moment. Nous pouvons sortir d’une consultation chez le cardiologue et être victimes d’un arrêt cardiaque ! Il ne faut donc pas faire d’amalgame entre sport de haut niveau et problèmes cardiaques. »