«Le muscle cardiaque est alimenté par les artères coronaires qui amènent le sang oxygéné indispensable à la vie des cellules cardiaques. Lorsqu'un rétrécissement d'une ou plusieurs de ces artères survient, les cellules manquent d'oxygène, le muscle souffre et  les patients ressentent des douleurs dans la poitrine. Celles-ci peuvent se traduire par une angine de poitrine quand elles sont temporaires, ou d'un infarctus lorsque les artères sont bouchées et que la souffrance musculaire est intense.»

Quel est l’examen déterminant dans la démarche diagnostique de la maladie chez le patient ?

«Le cathétérisme est l'élément permettant de diagnostiquer les rétrécissements des artères coronaires. Cela consiste en l'injection d'un produit de contraste dans les artères coronaires à l'aide d'un cathéter afin d'obtenir des images des vaisseaux. Cet examen permettra au médecin de déterminer le rétrécissement de l'artère et la gravité de la maladie.»

La dilatation d'une artère constitue-t-elle un traitement efficace?

«Elle consiste à élargir le rétrécissement de l'artère. A l'origine, en 1977, cela se faisait à l'aide d'un ballon, ce qui constituait déjà un progrès remarquable pour l'époque, mais dans plus de 30% des cas une récidive du rétrécissement était constatée.

Une amélioration s'avérait nécessaire. Le premier stent est mis sur le marché en 1988

Un stent est une prothèse constituée d’un fin ressort en alliage métallique qui maintient l’artère ouverte et bien perméable. L’arrivée du stent constitua un progrès indéniable, le taux de récidive diminua significativement, passant de 30% à  20%.

Au début des années 2000 fut développée une prothèse libérant à petites doses des médicaments qui diminuent encore davantage ce risque de récidive (moins de 10%.»

En quoi le stent bio-résorbable représente-t-il un progrès supplémentaire?

«Au même titre que les autres stents, il permet de restaurer un flux sanguin dans l’artère coronaire mais il présente l'énorme avantage de faire disparaître toute structure du stent dans le temps, réduisant ainsi les sources d’inflammation au niveau du vaisseau qui retrouve ses propriétés vasomotrices initiales , ce qui, à terme, améliore sensiblement la qualité de vie du patient. (Moins de douleurs d’angine de poitrine)

Les résultats d'une première étude sur trente patients a débouché sur des résultats très prometteurs. Les patients étaient évalués cliniquement mais aussi via des contrôles de coronarographie pour voir à quoi ressemblaient leurs artères, à l'aide d'une petite caméra  permettant d'observer les parois de celles-ci.

Sur ces trente patients, le taux de complication s'est avéré pratiquement identique aux stents médicamenteux. Par ailleurs, la lumière interne -c'est à dire le canal intérieur dans lequel circule le sang oxygéné- s'en voyait même légèrement majorée. Et surtout, suite à l'injection d'un produit bien spécifique, on a pu constater que l'artère retrouvait son tonus initial, ce qui est un avantage majeur.»

Tout incite donc à l'optimisme pour l'avenir?

«Absolument, même si les données à long terme sont encore en attente. Une deuxième étude publiée en septembre 2014 sur 501 patients démontre que cette prothèse a une efficacité comparable aux meilleurs stents médicamenteux actuellement sur le marché. De plus, sa structure disparaissant complètement à moyen terme, l’artère native retrouve toutes ses propriétés (telles que la capacité qu'ont les vaisseaux sanguins de changer de diamètre en fonction de modifications du milieu intérieur), ce qui laisse supposer une nette amélioration de la qualité de vie des patients, L’étude a démontré une nette diminution des crises d’angine de poitrine chez les patients traités par cette prothèse résorbable

D'autre part, le suivi cardiologique n'entraîne pas de nouvelles obligations contraignantes par rapport aux autres formes de traitements. Quand on considère qu'à l'heure actuelle, quasiment 75000  patients dans le monde bénéficient d'une telle prothèse et que d'autres stents biorésorbables sont à l'étude, l'optimisme est résolument de mise.»