Thierry Martin, directeur de la Plate-Forme Prévention Sida

De façon générale, plus on avance en âge, plus de nouvelles pathologies risquent de se développer. Chez les personnes vivant avec le VIH, ces pathologies surviennent souvent dix ans plus tôt que chez les personnes séronégatives, notamment au niveau du système cardiovasculaire, des tissus osseux (ostéoporose) et du cerveau (capacités d’apprentissage, troubles de la mémorisation…).

Plusieurs facteurs de risque

L’inflammation chronique et l’impact des traitements médicaux à long terme jouent un rôle à cet égard. On s’attache d’ailleurs à tenter d’alléger de diverses façons le traitement du VIH pour parer à la toxicité des médicaments, le tout bien sûr sous suivi médical.

Mais l’inflammation chronique et la toxicité des médicaments n’expliquent pas tout. De nombreux facteurs de risque, tel l’excès de cholestérol, par exemple, agissent au niveau des pathologies liées à l’âge.

Il importe donc de faire baisser ces facteurs de risque, ce qui nécessite le recours à divers spécialistes. L’indispensable prise en charge globale du patient ne peut être assurée par le seul médecin-infectiologue.

Un suivi pluridisciplinaire essentiel

La collaboration au sein de l’équipe pluridisciplinaire, entre les divers spécialistes et le Centre de référence Sida ou le médecin-infectiologue est essentielle également pour assurer le bon suivi du patient et éviter les interactions entre les médicaments lors de l’ajout d’un traitement lié à une nouvelle pathologie.

Enfin, si l’on veut « bien vieillir », une bonne hygiène de vie est capitale pour tout le monde, mais plus encore pour les personnes fragilisées par le VIH. Les recommandations à leur faire ? Ni tabac, ni alcool, ni drogue, une alimentation saine et équilibrée et, bien sûr, de l’exercice physique !