Thierry Martin, directeur de la Plate-Forme Prévention Sida

Comment lutter ensemble contre le SIDA ? Quels sont les objectifs pour le futur ?

Thierry Martin : « Depuis quelques années, nous observons l’établissement d’un nouveau modèle de prévention dite “combinée”. Les objectifs à atteindre en matière de prévention sont répartis sur 3 priorités. La première : les préservatifs. Encore trop souvent négligés, ils constituent toujours le socle de base sur lequel sensibiliser la population afin d’éviter la contamination du VIH ou des autres IST.  

Le deuxième objectif est le dépistage. Si prise de risque il y a eu, le dépistage doit pouvoir être effectué le plus tôt possible afin de permettre un traitement rapide des personnes touchées. S’il est précoce, le dépistage peut en effet engendrer une meilleure prise en charge du patient dont l’espérance et la qualité de vie seront préservées. Des études ont démontré qu’après 6 mois de prise de traitement régulière d’un patient, sa charge virale pouvait devenir indétectable, ce qui empêche la transmission du virus. Il s’agit là de notre troisième objectif. »

Qu’est-ce que le plan 90-90-90 ?

« Ce plan reprend les objectifs que j’ai décrits précédemment. D’ici 2020, nous visons que 90 % de personnes atteintes par le VIH en soient conscientes, que 90 % des personnes dépistées positives bénéficient d’un traitement durable et que 90 % des personnes bénéficiant d’un traitement antirétroviral aient une charge virale indétectable. »

Quel est le rôle des associations de patients comme la Plate-Forme Prévention Sida ?

« Notre rôle est multiple. D’abord, il concerne l’information auprès du public, la sensibilisation, l’éducation au VIH, mais aussi aux autres IST. Que ce soit d’ordre purement médical ou social (lutte contre les discriminations, etc.), il est essentiel. Nous agissons également en soutien aux personnes atteintes du VIH et menons en parallèle une mission de lobbying auprès du gouvernement ; afin de faire en sorte que les choses avancent ! »