Quelle est l’importance des problèmes cardiovasculaires chez les femmes ?

Guy Berkenboom : « Ils sont la première cause de mortalité chez la femme. Avant la ménopause, les femmes sont un peu protégées par les œstrogènes et en souffrent un peu moins. Pour des questions d’hygiène de vie - sédentarité, tabagisme, diabète -, elles rattrapent et même dépassent les hommes après la ménopause. »
 

Peut-on identifier des causes spécifiques ?

 

Nous recommandons de lutter contre les facteurs de risques liés au mode de vie.

 

G. B. : « Chez la femme, la pathologie diffère quelque peu. Au-delà de la maladie coronaire classique, les femmes de 50 ans souffrent aussi d’une atteinte de la microcirculation, moins fréquente chez l’homme et plus difficile à diagnostiquer. Pour constater cette altération, il faut faire appel à des techniques sophistiquées : on mesure le flux avec un cyclotron par des marqueurs bien spécifiques ou avec des techniques de résonance magnétique. Même si nous ne disposons pas encore d’études probantes pour la démontrer, notre hypothèse est qu’on peut améliorer cette microcirculation si on corrige l’obésité, le diabète, etc. Vers 70-75 ans, on a aussi remarqué une insuffisance cardiaque « à fonction systolique conservée » : le cœur se contracte normalement, mais se relâche moins bien et le remplissage se fait mal. »
 

Vers quoi s’orientent les recherches ?

G. B. : « Ce serait bien de pouvoir détecter l’altération de la microcirculation et de la dysfonction diastolique avec des techniques moins sophistiquées. Les études actuelles visent donc à diagnostiquer plus aisément cette atteinte du remplissage et à tester différents médicaments. Mais aucun médicament n’a encore pu démontrer son efficacité pour diminuer la mortalité chez ces patientes. Pour l’heure, nous recommandons de lutter contre les facteurs de risques liés à notre mode de vie. Il faut pratiquer une activité physique, manger sainement, etc. »