Les explications du docteur Axelle Pintiaux, Gynécologue à l’Hôpital Erasme.
 

À quelle âge et comment la ménopause apparaît-elle ?

« La ménopause apparaît autour de 50 ans. Les symptômes qui peuvent la précéder sont les bouffées de chaleur, l’irritabilité, le manque de sommeil et un état dépressif. Il y a aussi un allongement des cycles, qui peut s’accompagner de règles plus abondantes. »

« Ces symptômes peuvent durer plusieurs années : la transition ménopausique peut durer jusqu’à 5 ans. Les bouffées de chaleur, elles, peuvent encore durer bien plus longtemps : 15 à 20 % des femmes en ont pendant 20 ans ! »
 

Quel impact ces symptômes ont-ils sur la vie des femmes ?

« Les bouffées de chaleur et les changements hormonaux que subissent les femmes tout au long de cette période peuvent perturber leur sommeil, leur libido, leur qualité de vie au travail mais aussi en famille et en couple. »

« Ces symptômes peuvent donc s’avérer véritablement invalidants pour la femme dans toutes les sphères de sa vie, menant à un mal-être. Trop peu de femmes relient ce mal-être à l’installation de la ménopause, vont plutôt l’associer à une dépression et recourir aux antidépresseurs. »

« Or, il existe d’autres traitements parfois mieux adaptés : l’essentiel étant d’éviter de confondre une vraie dépression et une ménopause et de se tromper de cible. »
 

Quels sont justement les traitements adaptés ?

« Les traitements hormonaux sont les plus efficaces pour les bouffées de chaleur. Ils consistent en la prise d’œstrogène (pour les femmes sans utérus) en combinaison avec un progestagène (pour les femmes avec utérus intact) et ont pour but de restaurer l’équilibre hormonal. »

Les traitements hormonaux sont les plus efficaces pour les bouffées de chaleur mais ne sont pas indiqués pour toutes les femmes.

« En outre, des études démontrent que s’ils sont établis au bon moment, les traitements oestrogéniques peuvent avoir un impact positif sur la santé cardiovasculaire. Par contre, si le traitement est tardif, cet effet préventif contre les plaques de cholestérol ne sera pas efficace : la fenêtre d’opportunité doit être respectée pour un maximum d’efficacité. »
 

Quelles sont les contre-indications aux traitements hormonaux ?

« Les traitements hormonaux ne sont pas indiqués à tout le monde, notamment pour les femmes qui ont eu des accidents vasculaires cérébraux ou coronariens, des cancers du sein ou encore des méningiomes. Celles-ci devront opter pour des traitements alternatifs. »

« D’où l’importance de demander un avis sur mesure à son médecin. Une femme qui fume ou qui présente des risques cardio-vasculaires ne pourra pas suivre les mêmes traitements qu’une femme qui n’a pas ces risques.

Heureusement, il existe des traitements alternatifs, qui vont cibler spécifiquement certains symptômes comme les bouffées de chaleur. L’essentiel est que chaque femme trouve ce qui lui convient le mieux en se faisant suivre et conseiller par un gynécologue. »
 

La voie d’administration influence-t-elle le traitement ?

« Tout à fait. Les traitements hormonaux actuels sont administrés par voie orale, vaginale ou par voie percutanée. Pour les personnes à risque vasculaire ou métabolique, la voie percutanée offre une sécurité supplémentaire. »

« Comme les œstrogènes dans ce cas ne passent pas par le foie, le traitement n’a pas de répercussions sur la tension artérielle et n’augmente pas le risque trombo-embolique, etc. Si la ménopause vous mène la vie dure, le tout est de connaître vos besoins et de faire appel  à un professionnel qui vous orientera vers le traitement le plus adapté. »