Quand faut-il traiter son fibrome ?

Mathieu Luyckx : « Le traitement répond à deux cas de figure : soit pour pallier les symptômes, soit en cas de désir de grossesse. Dans ce cas-ci, la décision est discutable parce que l’impact des fibromes sur la fertilité est assez mal connu. Ce que l’on sait, c’est que les fibromes qui déforment la cavité vont diminuer les chances de grossesse et vont augmenter les risques de fausse couche en gênant l’implantation de l’embryon. Les fibromes qui sont totalement à l’extérieur de l’utérus ne jouent pas sur l’obtention de la grossesse, mais peuvent donner des problèmes pendant la grossesse. Le traitement s’applique donc au cas par cas, selon la taille et le développement du fibrome chez la patiente. »
 

Quels sont les différents traitements possibles ?

M. L. : « Deux types de solutions existent : les traitements médicamenteux ou chirurgicaux. Certains médicaments visent à traiter les symptômes (stopper les saignements, apaiser les douleurs, etc.) comme les pilules progestatives ou les stérilets hormonaux. Des molécules assez récentes ont démontré une efficacité probante : on parle de modulateurs sélectifs des récepteurs de la progestérone (SPRM's). Ces molécules agissent spécifiquement sur les récepteurs à la progestérone dans les fibromes, avec une double action : elles stoppent les saignements et diminuent la taille des fibromes chez plus de 80 % des patientes. Ce traitement a révolutionné la prise en charge de la maladie. Comme il est particulièrement ciblé sur les fibromes, il a très peu d'effets secondaires.

L’opération chirurgicale est une autre solution, mais est plus lourde pour la patiente : on enlève les fibromes de l'utérus (ou tout l'utérus chez les femmes plus âgées et/ou qui n'ont plus de désir de grossesse) soit par chirurgie ouverte (laparotomie), soit par chirurgie par caméra sans ouverture du ventre (laparoscopie). Elle est parfois la seule solution en cas de symptômes importants, de fibromes très volumineux ou d'hémorragie sévère. De plus en plus de données montrent qu’il faut éviter tant que faire se peut, les myomectomies (ablation du fibrome) à répétition. Or, le problème de cette pathologie est qu’elle est éminemment récidivante. En règle générale, nous essayons de minimiser le nombre de chirurgies, avec idéalement une seule opération de myomectomie sur la vie d’une femme, le plus proche possible de son désir de grossesse. »