Le docteur Michel Naudin, urologue et chef de service au CHU Ambroise Paré à Mons, utilise cette technique depuis des années. Fort de cette expérience, il forme de nombreux chirurgiens à son utilisation. Il nous en détaille les avantages.

 

Une plateforme chirurgicale qui aide le médecin grâce à des instruments extrêmement fins et précis permettant des gestuelles dont la main humaine n’est pas capable. 

 

En quoi consiste la chirurgie robotique assistée ?

Michel Naudin : « Cette plateforme chirurgicale aide le médecin grâce à des instruments extrêmement fins et précis permettant des gestuelles dont la main humaine n’est pas capable. On travaille ainsi dans des zones difficiles d’accès, par exemple la prostate, sous l’os pubien. Le robot comprend quatre bras articulés prolongés par de petits instruments qui entrent dans le patient par de mini-incisions. Le chirurgien travaille sur une console avec un système similaire à des joysticks pour commander les instruments. Grâce à une caméra en 3D, la vision en relief est quasi parfaite ; on voit l’organe comme si on en était tout proche. Il y a aujourd’hui 35 robots de ce type en Belgique. »

 

Quels changements ce robot apporte-il à votre pratique ?

M. N. : « En chirurgie laparoscopique, on utilisait déjà un système avec une caméra et des instruments mécaniques à commande manuelle qui permettaient d’être moins agressifs. La laparoscopie imposait toutefois une courbe d’apprentissage assez longue. La chirurgie robotique, elle, lève toutes les difficultés de la laparoscopie. La position des chirurgiens est aussi beaucoup plus confortable, ce qui est important pour pouvoir bien opérer. »

 

D’autres avantages ?

M. N. : « Oui, une approche encore beaucoup moins agressive. C’est de la chirurgie micro-invasive. La chirurgie ouverte pour la vessie, par exemple, nécessitait de grandes incisions et causait beaucoup de délabrement. Pour la prostate, cela permet de mieux préserver la fonction érectile du patient. Plus de 90 % des prostatectomies pour cancers réalisées aux États-Unis le sont via robotique et déjà 70 % en Belgique. Dans la chirurgie du cancer du rein, la chirurgie assistée par le robot permet régulièrement d’éviter l’ablation totale de l’organe. Il y a aussi un taux de complication bien moindre ; le séjour hospitalier est dès lors réduit à deux ou trois jours. On a aussi de bons résultats au niveau oncologique. »

 

Quelles innovations peut-on encore attendre ?

M. N. : « L’apparition de la réalité augmentée, soit des images qui fusionnent une vue interne avec des images IRM par exemple. Cela permettra d’être encore plus performant. En outre, on développe actuellement des systèmes avec une seule incision et trois micro-instruments qui se déploient dans le ventre. »